Enseignants contractuels vs gouvernement: Un bras-de-fer de plus de 5 ans

Depuis plus de cinq ans, les enseignants dits contractuels enchaînent les grèves à l’échelle nationale pour réclamer le statut de fonctionnaire du ministère de l’Education nationale. Focus sur cette vague de protestations.

La répression policière de plusieurs membres de la Coordination nationale des enseignants contractuels le 16 mars 2021, lors d’une manifestation devant le parlement, à Rabat, a suscité l’ire de beaucoup de Marocains et poussé les syndicats de l’enseignement comme la Fédération nationale des fonctionnaires de l’enseignement, à durcir le ton face au gouvernement.

Des grèves nationales sont ainsi prévues les 5 et 6 avril prochains pour montrer leur indignation et accentuer la pression sur le ministère de l’éducation nationale. Un nouvel épisode donc en perspective dans ce feuilleton qui dure depuis plus de cinq ans.

Ces mouvements de contestation, orchestrés par la coordination des enseignants contractuels, épaulée par les syndicats les plus représentatifs comme la Fédération nationale de l’enseignement (FNE) et le Syndicat national des enseignants (SNE), débutent timidement en février 2017, avant de prendre plus d’ampleur deux ans plus tard, avec des grèves de quatre jours organisées du 19 au 22 février dans plusieurs régions du Maroc.

Les enseignants passent à la vitesse supérieure à partir du 3 mars 2019, en déclenchant une grève générale d’un mois, rythmée par de grandes manifestations, entre le 18 et le 24 mars, qui se sont déroulées devant le parlement et le siège du ministère de l’Education nationale à Rabat. Le 15 avril 2019, ils décident de suspendre leur mot d’ordre, suite à une rencontre avec le ministre de tutelle qui avait décidé de suspendre les mesures administratives et juridiques à l’encontre des enseignants grévistes.

Les élèves, victimes collatérales
Un mois plus tard, fin du «gentlemen’s agreement». Les enseignants désertent de nouveau les classes pour descendre dans la rue, avec encore en toile de fond, la revalorisation de leur statut. Une grève nationale est observée les 14 et 15 mai, et des marches nocturnes se déroulent tous les samedis du mois de Ramadan dans les régions du Maroc.

Des sit-in sont aussi organisés dans les provinces. Outre le statut des enseignants contractuels, la FNE demande au ministère de répondre aux préoccupations des enseignants dits de «la cellule 9», des enseignants «victimes des deux systèmes», et des fonctionnaires ingénieurs des grandes écoles qui ont été intégrés à la fonction publique échelle 10. D’autres manifestions ont également eu lieu les 23 et 24 octobre.

Ces mouvements d’humeur se sont poursuivis en 2020 avec des rassemblements qui se sont tenus du 19 au 22 février et du 1er au 2 décembre, et en 2021 avec ceux organisés du 9 au 12 février, puis du 3 au 4 mars. La répression violente de Rabat risque d’envenimer ces tensions. Au grand dam des centaines de milliers d’élèves, victimes collatérales de ce mano à mano.