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"En quête de mots", de Driss Alaoui Mdaghri

La poésie de Driss Alaoui Mdaghri est d’une force humoristique capable de changer les moments les plus tristes en un événement conséquent.

“En Quête de Mots” est une série de poèmes écrits par Driss Alaoui Mdaghri à différentes époques: en 1978-79, 1989 et 2000, 2014, 2015…. Poèmes écrits au fil des jours…. Tout au long de la vie…. C’est ce qui leur donne un ton très particulier. Loin de toute intellectualisation de la pensée et du comportement ontologique, «c’est bien la pensée à nue que l’on observe dans ces beaux textes», nous dit Mohammed Khair-Eddine, dans son postface du premier recueil «En Quête de Mots» de Driss Alaoui Mdaghri. Une chronique parue In «Le Matin du Sahara», en avril 1986. Soit autant de textes d’«une poésie à la limite de l’ironie», nous dit Khair-Eddine. Une poésie qui «libère l’homme de ses peurs géologiques qui cisaillent sa mémoire et dont tous ses atomes portent l’empreinte indélébile».

La poésie de Driss Alaoui Mdaghri est d’une force humoristique capable de changer les moments les plus tristes en un événement conséquent. Le grand écrivain Mohammed Khair-Eddine considère, ainsi, l’écriture de Driss Alaoui comme «un cas dans la littérature marocaine francophone ».

En analysant ses poèmes, il considère, tout d’abord, que le langage de l’auteur se constitue à partir de l’onomatopée essentielle. Et c’est le sens phonétique qui est ici primordial, car «il met en action des ensembles allégoriques dont la symbolique flamboie prodigieusement», dit-il. «Cette clarté est incisive; le regard aigu qui en est l’élément primitif et le vecteur la transforme en vies parcellaires, en peuples congénères qui transgressent même leur liberté».

Avec tout le vécu ambiant, Driss Alaoui correspond avec une certaine aliénation qu’il transfigure en un acte unique: l’objet écrit et le Dit permanent, «un dit si historique que nous sommes parfois obligés de recourir aux plus anciens textes pour le saisir, voilà la vérité», nous dit Khair-Eddine. «Une vérité où ne circule rien de moins qu’un rire ancien, celui de l’hypocrisie et de la déraison. Un rire tranchant et clair, aussi indispensable que la bouffée d’oxygène qui libère le coeur et l’esprit et balise la route de la liberté».

Les équilibres allitératifs et phonétiques impriment à ces textes des images appropriées; ils sont tous d’une structure linguistique capable de vocaliser la moindre exiguïté des êtres et des choses. Et c’est bien ce qui nous enchante le plus, nous dit Khair-Eddine. «Oui, nous respirons à cette lecture et nous redécouvrons nos potentialités les plus secrètes, des mystères enfouis dans l’inconscient collectif du monde, mystères qui sont à la fois une mythologie et un vaste miroir».

Éditions La Croisée des Chemins, Casablanca, 2020, 346 pages.