L'engagement de l'etat Espagnol est irréversible

Soutien au Plan d’autonomie marocain comme la solution au différend autour du Sahara marocain

Les élections législatives chez le voisin ibérique auront lieu dans un peu moins d’un an. Quel que soit le résultat issu des urnes, la position de l’Espagne restera inchangée par rapport au dossier du Sahara marocain.

En sa qualité de président du parti du Rassemblement national des indépendants (RNI), Aziz Akhannouch, a pris part, mardi 31 mai 2022, à Rotterdam, aux Pays-Bas, au congrès du Parti populaire européen (PPE), accompagné de trois membres du bureau politique du RNI, Mohamed Aujar, Amina Benkhadra et Nadia Fettah. Pour le patron du RNI, qui jouit du statut d’associé du PPE, c’était l’occasion propice pour tenir plusieurs réunions et rencontrer, entre autres personnalités, le nouveau président du PP espagnol, Alberto Nunez Feijoo.

Aziz Akhannouch l’a invité à visiter le Maroc, ce que le leader du PP a volontiers accepté, promettant de faire un déplacement dans le Royaume au cours de cette année. De cette rencontre, on a pu déceler un changement d’attitude de celui qui est à la tête de l’un des plus importants partis d’opposition espagnole. En effet, Alberto Nunez Feijoo a qualifié sa première rencontre avec Aziz Akhannouch de «très importante », non seulement pour le PP, mais également pour l’Espagne. «Nous allons renforcer nos engagements et nos liens de bon voisinage, de réciprocité, d’honnêteté et de loyauté», a-t-il dit.

Comme attendu, le dossier du Sahara était au coeur de leurs discussions. Cette fois-ci, un air de campagne électorale se dégageait des propos du président du Parti populaire espagnol, du déjà-vu dans les déclarations de ses prédécesseurs.

A El Mundo, le président du PP a affirmé qu’en programmant une réunion avec Aziz Akhannouch, il a souhaité que le Maroc sache sa position sur la question du Sahara. «Ce que je peux assurer au Premier ministre marocain, c’est que tout ce que je vais entreprendre, je vais essayer de le faire par consensus afin qu’il soit durable (…) Ensuite, je lui dis clairement que, dans le cadre des résolutions de l’ONU, nous pouvons être d’accord sur beaucoup de choses; mais, en dehors des résolutions de l’ONU, les pactes ne vont pas produire d’effets internationaux ».

Ce qu’il oublie peut-être de signaler, c’est que le pacte en question relatif au soutien sans équivoque à l’initiative marocaine d’autonomie, présentée en 2007, et la considérant comme «la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution du différend», a été signé certes par Pedro Sanchez, chef du gouvernement, mais c’était au nom de l’Etat espagnol, qui se retrouve ainsi engagé durablement.

En décidant de se positionner clairement en faveur du plan d’autonomie marocain, l’Espagne a non seulement assumé son rôle historique dans le conflit du Sahara, mais elle a aussi montré que, ayant tiré des enseignements de la crise diplomatique qui a, ces derniers temps, bouleversé les rapports traditionnellement cordiaux entre les deux pays, elle est désormais déterminée à traiter le Maroc, en tant que puissance régionale incontestable, avec le respect qui lui est dû, ainsi qu’à tenir compte de ses intérêts et de ses préoccupations.

Non seulement le Royaume est devenu une locomotive incontournable en Afrique et dans la région méditerranéenne, mais le consensus international sans précédent dont bénéficie désormais le projet d’autonomie marocain a fini par amener Madrid à revoir certaines de ses positions.

Les législatives espagnoles auront lieu dans un peu moins d’un an. Quel que soit le résultat issu des urnes, la position de l’Espagne restera inchangée par rapport au dossier du Sahara marocain. Si elle change, ce sera dans le bon sens, en reconnaissant sans détours la souveraineté du Maroc sur son Sahara, à l’instar des Etats-Unis.