UN ENGAGEMENT QUI NE SE DÉMENT PAS

AIDES MÉDICALES MAROCAINES À QUINZE PAYS AFRICAINS

En décidant d’acheminer des aides médicales à quinze pays africain, le Maroc choisit de rester fidèle à lui-même et à son continent.

Plongé depuis plus de trois mois dans la lutte contre la Covid-19, le Maroc n’en oublie pas son continent. Celui-ci avait, pour rappel, fait l’objet le 13 avril d’une initiative “pragmatique et orientée vers l’action” -dixit le Cabinet royal- du roi Mohammed VI visant à établir un cadre opérationnel pour accompagner les pays africains dans la gestion de la pandémie. Et joignant le geste à la parole, le Royaume vient donc d’annoncer, ce 14 juin, l’acheminement sur instructions du Souverain d’aides médicales vers quinze de ces pays, à savoir le Burkina Faso, le Cameroun, les Comores, le Congo, l’Eswatini, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Malawi, la Mauritanie, le Niger, la République démocratique du Congo, le Sénégal, la Tanzanie, le Tchad et la Zambie.

Solidarité et fraternité
A ce titre, ces derniers se verront recevoir, comme l’a détaillé le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger dans un communiqué, “près de 8 millions de masques, 900.000 visières, 600.000 charlottes, 60.000 blouses, 30.000 litres de gel hydroalcoolique, ainsi que 75.000 boîtes de chloroquine et 15.000 boîtes d’Azithromycine”, sachant bien que “l’ensemble des produits et équipements de protection composant les aides (...) sont fabriqués au Maroc par des entreprises marocaines, et sont conformes aux normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)”, selon la même source.

Au soir du 14 juin, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal, avaient déjà réceptionné leur lot d’aides, et dans ce dernier pays en particulier, c’est le ministre de la Santé et de l’Action sociale en personne, à savoir Abdoulaye Diouf Sarr, qui se trouvait à l’accueil, à l’aéroport de Dakar-Blaise Diagne, de l’avion de la Royal air Maroc (RAM) ayant transporté l’aide destinée au pays de la Téranga. M. Diouf Sarr, dans une déclaration aux médias à cette occasion, a indiqué que “le don extrêmement important que SM le Roi a bien voulu faire pour le Sénégal (...) est l’expression d’une grande solidarité et d’une fraternité, mais surtout de l’amitié liant nos deux peuples” et que “cette aide médicale marocaine montre, en réalité, que la coopération sud-sud en matière de solidarité, mais au-delà, en matière économique et sociale, est une règle d’or que les pays africains doivent installer entre eux”. Dans le même sens, l’ambassadeur du Niger à Rabat, Salissou Ada, a estimé que “l’aide médicale marocaine au Niger (...) témoigne de la solidarité marocaine envers les pays africains”, lui qui se trouvait dans son pays au moment où celui-ci se voyait remettre ladite aide, également convoyée par la RAM. Pour le Maroc, c’est surtout une nouvelle confirmation de son engagement humanitaire en faveur de son continent, alors qu’avant même la Covid-19, le Royaume s’était notamment illustré par le déploiement, au cours des 27 dernières années, d’hôpitaux médico-chirurgicaux de campagne en Somalie, au Gabon, au Niger, au Congo, au Sénégal, en Tunisie, au Mali, en Guinée, en Guinée-Bissau et au Soudan du Sud.

Le Mali, où, fin 2013, les Forces armées royales (FAR) avaient offert quelque 52.600 prestations médicales en un peu plus de trois mois de présence, avait même vu l’inauguration, fin février 2017, d’une clinique périnatale portant le nom du roi Mohammed VI et que, justement, ce dernier avait mise à la disposition, le 11 avril, des autorités maliennes afin de leur permettre d’accueillir les malades de la Covid-19 -c’est le président malien, Ibrahim Boubacar Keita, qui en avait fait la demande personnelle au préalable au Souverain, et il avait par la suite fait part, par le biais d’un communiqué du gouvernement malien, de “ses sincères remerciements à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, au gouvernement et au peuple marocain pour ce geste si significatif”.

Partenariats bénéfiques
Cette clinique périnatale avait été financée par le biais de la Fondation Mohammed- VI pour le développement durable, laquelle a également à son actif la clinique d’ophtalmologie Mohammed-VI de Dakar -opérationnelle depuis mars 2013- et deux hôpitaux «Mère et enfant» à Antsirabe, à Madagascar, et Conakry, en Guinée, respectivement en construction depuis novembre 2016 et février 2017. Mais ces projets, pour importants qu’ils soient, ne constituent in fine qu’une dimension réduite de l’action africaine du Maroc, puisque ce dernier ne cesse de marteler, depuis de nombreuses années, que “l’Afrique a moins besoin d’assistance, et requiert davantage de partenariats mutuellement bénéfiques”, comme le soulignait le roi Mohammed VI lui-même dans son fameux discours d’Abidjan de février 2014. Ainsi, c’est par le truchement de projets de développement humain et social que le Royaume s’investit d’abord le plus dans le continent, en y étant actuellement le deuxième investisseur africain et même le premier en Afrique de l’Ouest.

D’aucuns, parmi les critiques du Maroc -pour ne pas dire l’Algérie et l’Afrique du Sud et leurs pays affidés-, y voient un simple moyen pour lui de défendre ses intérêts et spécialement son intégrité territoriale, car il est vrai que l’adhésion en Afrique à l’endroit de cette dernière a été massive au cours des dernières années: pour preuve par exemple, l’inauguration depuis décembre par neuf pays africains -la Gambie, la Guinée, le Gabon, la République centrafricaine et Sao Tomé-et-Principe, la Côte d’Ivoire, le Burundi et Djibouti- de consulats dans les provinces sahariennes, et ce de façon “souverain[e]” et “conforme à [leurs] intérêts et [leurs] valeurs”, comme le précisait le ministre de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Ally Coulibaly, lors de l’inauguration de la nouvelle représentation diplomatique de son pays à Laâyoune le 18 février.

Mais à cet égard, le roi Mohammed VI, signalait dans son discours de la révolution du Roi et du peuple du 20 août 2017 que “le choix du Maroc de se tourner vers l’Afrique (...) est plutôt le gage de notre fidélité à [une] histoire commune, et l’expression d’une foi sincère dans la communauté de destin qui nous rassemble”, en faisant référence à des étapes telles “la participation, en 1960, à la première opération de maintien de la paix au Congo”, “la tenue, la même année, à Tanger, de la première réunion de la Commission de développement de l’Afrique”, “la création (...), au sein du gouvernement de 1961, d’un ministère pour les affaires africaines” et “la tenue [en 1961] de la Conférence de Casablanca”. “Ainsi, l’engagement du Maroc à défendre les causes et les intérêts de l’Afrique ne date pas d’aujourd’hui,” indiquait le Souverain. Toujours bon à rappeler.


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