PLUS DE QUATRE MOIS APRÈS LE SÉISME D’AL HAOUZ

L’engagement citoyen doit continuer

Nous avons une grande pensée pour les centaines de milliers de personnes qui sont encore sous les tentes, et qui attendent de savoir comment leur avenir va se dessiner.


Mercredi 24 janvier 2024, 18h14 Cela fait un mois que nous agissons en silence, pour tenter de soulager aussi modestement que possible quelques centaines de personnes, dans les trois provinces sur lesquels nous avons décidé d’agir.

Grâce à nos partenaires, nous allons ainsi pouvoir soulager plusieurs familles et leur permettre de passer d’une situation particulièrement traumatisante à une solution un peu plus confortable, et surtout pérenne même en cas d’intempérie difficile (froid, vent…) Grâce à Intelcia, nous allons pouvoir financer 24 habitats temporaires dans les provinces d’Al Haouz et de Chichaoua, en utilisant le concept que nous avons défendu et soutenu notamment dans le groupe « Nous venons de terre » : la nouala. L’architecte Eli Mouyal a conçu un concept fabriqué avec des rondins de bois, de la paille, des roseaux, et de la chaux, et ce concept représente une solution idoine le temps que les habitants de maisons détruites par le séisme puissent trouver une solution plus permanente. Nous allons aussi être vigilants sur les intempéries qui ont détruit plusieurs modulaires dans les terrains mis à disposition des foyers en souffrance, et qui n’étaient pas adaptés à la situation.

Si tout avance comme prévu, nous allons pouvoir remettre les premières « clés » de ces habitations en mars prochain, avec l’objectif de pouvoir tout finaliser début avril. Parallèlement, nous allons voir également la possibilité de reconduire une nouvelle action de support psychologique pour les habitants de villages à proximité du douar Tajgalt, en intégrant également les enfants et les personnes de l’administration territoriale qui souhaitent en bénéficier, suite au succès de notre première action. Nous espérons pouvoir le faire en février et cela pourra se faire grâce au soutien de notre partenaire la Fondation BMCI, du groupe BNP Paribas, qui nous a accompagné dès après le séisme à travers un soutien financier et humain conséquents.

Les projets d’accompagnement de coopératives prennent forme, grâce à l’implication de deux groupes d’étudiants de l’ISCAE qui ont choisi Amal Biladi et les projets de coopératives comme objet de leur « Projet d’Impact Social » ; nous allons ainsi pouvoir soutenir deux initiatives dans le douar Tajgalt, portées par un groupe d’hommes et de femmes autour des produits de l’agriculture écologique. Et ce n’est pas sans fierté que nous avons aussi pu sensibiliser le Professeur Zoubida Charrouf, présidente de l’Association Ibn Al Baytar, afin de bénéficier de son expertise dans le domaine de l’accompagnement de coopératives, et notamment de l’arganier, qui pousse bien dans la province.

Dans un premier temps, l’accompagnement se fera pour comprendre le niveau d’expertise des membres de la coopérative, et leurs besoins en formation. En fonction du l’implication des membres, nous verrons s’il y a un intérêt pour pousser les projets dans le temps, et les aider à obtenir des financements pour leur permettre de pérenniser leurs actions. Un troisième groupe de l’ISCAE nous accompagne sur un projet qui nous tient aussi à coeur au vu de la situation post tremblement de terre qui a endommagé beaucoup d’installations d’accès à l’eau potable et à l’électricité, et du stress hydrique qui court dans tout le pays et qui a été, encore une fois, au coeur des préoccupations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Amal Biladi a en effet signé, en été, un partenariat avec la société franco-marocaine Agua de Sol, et nous allons pouvoir mettre à disposition d’une à trois écoles (en fonction des financements que nous allons pouvoir lever), des panneaux Sun Air Fountain, qui sont des panneaux solaires équipés de capteurs d’humidité, et qui produisent 1 litre d’eau potable chaque jour. Notre objectif est ainsi de pouvoir permettre à chaque enfant de l’école d’avoir accès à un litre d’eau de qualité, chaque jour de présence à l’école. Notre collaboration avec Agua de Sol va aussi pouvoir se diriger vers l’accès à l’eau potable pour des villages en stress hydrique, des projets d’agriculture utilisant des techniques d’irrigation en goutte à goutte, et la constitution d’une première coopérative d’eau pour permettre à des femmes de commercialiser de l’eau à l’instar des coopératives d’argan ou de d’autres plantes médicinales et aromatiques que l’on connaît dans notre pays.

Enfin, notre projet « phare » sera le centre d’activités para-scolaires que nous sommes en train de préparer pour le douar Tajgalt. Nous avons pu approcher l’enveloppe budgétaire que nous nous sommes fixés, grâce notamment à nos deux partenaires Qair Maroc et la Fondation BMCI. Notre souhait est de pouvoir, après avoir obtenu un terrain dans le village, construire un centre qui sera dédié aux enfants, adolescents, et de temps en temps aux femmes du village. Le centre qui aura une superficie de 150m2 sera construit en grande partie en matériaux locaux, et sera équipé en connexion internet, énergie solaire, avec le matériel adéquat pour déployer des formations, des cours à distance, et bien évidemment, l’organisation d’activités artistiques pour les enfants.

Nous avons enfin une grande pensée pour les centaines de milliers de personnes qui sont encore sous les tentes, et qui attendent de savoir comment leur avenir va se dessiner. Sans eau, sans électricité et sans beaucoup de visibilité, le soutien de la société civile est important, et doit pouvoir retrouver un souffle proche de l’élan de générosité qui s’est produit le week-end qui a suivi le séisme, parce que nous avions senti le sol trembler sous nos pieds. La résilience extraordinaire que nous connaissons de nos concitoyens des douars s’effiloche, et les regards de tous les autres douars qui n’ont pas été heurtés par le séisme tournés encore vers eux, se demandant ce qui sera fait.

Enfin, nous avons aussi commencé à nous projeter dans le Nord du Royaume, qui nous attend depuis nos premières visites cet été, avant le séisme. Si nous avons tenu à maintenir le contact avec nos différents interlocuteurs pendant ces 5 mois qui ont suivi le tremblement de terre et notre décision de pouvoir agir pour reconstruire, nous sommes aussi ravis de revenir pour initier les premières actions de notre projet pilote d’accompagnement au développement de villages.

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