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L'endettement comme marge de manoeuvre

Le déficit du budget en examen au comité de veille économique

Le gouvernement s’attend à une aggravation du déficit budgétaire au deuxième trimestre de l’année. Le salut viendra-t-il d’un recours plus important à l’endettement interne et externe?

En dépit du fait que la dépense relative à la gestion de la crise du Covid-19 n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière, la facture économique et sociale sera lourde à supporter pour les mois à venir, si jamais la pandémie dure au-delà du mois de juin 2020. C’est ce qui préoccupe, notamment, les membres du Comité de veille économique (CVE), réunis en mode visioconférence ce mardi 14 avril, sous la présidence de Mohammed Benchaâboun, ministre de l’économie et des finances. Réunion qui devait aborder en premier lieu, la présentation de l’évolution des agrégats économiques, sectoriels et financiers, avant de faire le point sur les mesures déjà engagées par le CVE. Ensuite, à la lumière des évolutions constatées, les membres du Comité de veille économique prendront les mesures économiques et sociales qui s’imposent.

Un exercice des plus laborieux en raison de la difficulté de chiffrer l’impact du choc et de faire des prévisions avec autant d’incertitudes qui pèsent sur la durée de la crise. Une chose est sûre, c’est que le déficit de 3,5% prévu par la loi de finances 2020 est des plus intenables. Ainsi, dans un contexte de récession économique (-1,8% de croissance du PIB) au premier trimestre de l’année, le gouvernement n’aura de choix que de puiser de plus dans ses réserves pour faire face, dans les mois à venir, aux conséquences de la décélération de la croissance de pans entiers de l’économie pour cause de pandémie. Même en partant d’un certain nombre d’indicateurs, comme ceux du compte courant extérieur, qui restent au vert, et d’un excédent du Trésor de 6,3 milliards de dirhams sur les trois premiers mois de l’année, sous l’effet évident des apports substantiels du Fonds spécial pour la gestion de la pandémie (18,3 milliards atteints à fin mars), les marges de manoeuvre du gouvernement restent relativement limitées.

À moins de faire appel encore à l’endettement. C’est cette hypothèse qui a été retenue par nombre d’analystes, dont notamment ceux de la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), qui dans une récente étude ont montré que pour amortir le choc de l’impact du Covid-19, le Trésor pourrait se tourner vers l’endettement domestique après avoir pris acte pour le recours à l’endettement externe en faisant notamment, sauter le plafond prévu par la loi de finances 2020. Selon les analystes de la «CDG Capital Research», «le déséquilibre des finances publiques induit par le contexte interne et externe va nécessiter des efforts de régulation qui se feront notamment à travers le ralentissement du plan d’exécution des investissements, un recours plus important à l’endettement …». Ainsi, pour combler le déficit des ressources, l’Etat se tournera vers le marché domestique de la dette avec le risque de voir le coût de la dette du Trésor augmenter.