EMMANUEL MACRON ÉPARGNE RENAULT MAROC ET PSA MAROC

Le secteur automobile respire

Le secteur de l’automobile français est confronté depuis quelque temps à un double défi: surmonter la crise historique provoquée par la pandémie de Covid-19 tout en négociant un virage technologique vers le véhicule propre, qui ne se fera pas sans casse. Pour ce faire, tout un plan de relocalisation de la production de véhicules a été annoncé, le 26 mai 2020, par le Président français, Emmanuel Macron. Un tel plan de rapatriement ne pouvait laisser de marbre les décideurs industriels marocains qui s’inquiétaient pour le sort qui allait être réservé aux deux sites de Renault Maroc et de PSA Maroc. Sites appartenant à ces deux grands groupes de l’Hexagone fortement impliqués dans le processus de fabrication d’automobiles au Maroc. En effet, grâce aux flux d’exportations qu’ils ont pu générer, les usines françaises de Renault-Tanger et de PSA-Kénitra sont devenus, en un temps record, le premier pourvoyeur de devises au Royaume.

Néanmoins, le discours de Macron n’en a pas moins levé toutes les craintes des décideurs marocains. Le Président français a parlé certes de relocalisations, comme attendu, mais son plan n’aura a priori aucun impact sur l’industrie déjà établie au Maroc puisqu’il a ciblé tout particulièrement et de manière exclusive la production de voitures électriques et hybrides, et n’a pas dit un mot sur les véhicules thermiques. Or, Les deux usines marocaines produisent essentiellement des véhicules thermiques (diesel et essence) et ne sont donc pas concernées par ce deal passé entre les autorités françaises et les constructeurs. Reste à savoir si le plan annoncé par le Président français ouvrirait de réelles opportunités pour le Maroc qui pourrait saisir cette occasion pour se positionner en tant que plateforme d’approvisionnement pour ces deux géants de l’automobile française.

Pour l’instant, les professionnels du secteur automobile au Maroc semblent satisfaits des annonces faites par les autorités françaises. Ainsi Mohamed Lacham, président de l’AMICA, la localisation de voitures thermiques au Royaume ne peut que s’annoncer sous de bons auspices. «Elle a de l’avenir puisque le diesel et l’essence continueront de se vendre en Afrique, dans les pays émergents et même en Europe où la transition vers la voiture propre prendra certainement du temps», nous dit-il. Mais il exprime en parallèle une petite inquiétude quant à l’avenir de la voiture électrique, dont une partie de la production se fait sur le site de PSA à Kénitra. «L’essentiel est certes épargné. Mais il y a une partie de la production chez PSA qui peut être menacée», préciset- il, faisant référence à la Citroën AMI, ce petit véhicule 100% électrique qui sort des chaînes de l’usine de Kénitra et présenté au marché le 27 février 2020, quelques jours avant l’éclatement de la crise mondiale du Covid-19


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