EL OTHMANI ALLERGIQUE AUX CRITIQUES

Le chef du gouvernement devant la chambre des représentants

Si dans la gestion sanitaire, le gouvernement s’est attiré des critiques acerbes de la part des Marocains, Saâd Eddine El Othmani, lui, pense le contraire en incitant ceux qui l’ont critiqué sur cette question à présenter leurs excuses.

Encore une sortie ratée du Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, dans la première chambre du Parlement, lundi 1er février 2021. Une sortie où il était censé présenter le bilan de sa stratégie contre le Covid-19. Mais, fidèle à son discours accusateur, il affirme que ceux qui ont critiqué la stratégie nationale contre la pandémie doivent présenter des excuses. Des propos qui ont suscité la colère des réseaux sociaux, qui citent un Chef de gouvernement à la parole vide et aux promesses non tenues. Aux yeux du chef du du PJD, l’Exécutif a plutôt agi selon les normes internationales avec une certaine efficacité dans la lutte contre la pandémie.

Or, la stratégie de communication concernant le lancement de la campagne vaccinale, qui était adoptée, a tourné au fiasco. Par ailleurs, Saâd Eddine El Othmani défend plus globalement un bilan satisfaisant concernant la gestion économique de la crise sanitaire. Ainsi, la moyenne de l’investissement public annuel au titre du mandat gouvernemental actuel est d’environ 202 milliards de dirhams. Ce volume d’investissement était de 187 milliards entre 2012-2017 pendant le mandant de son prédécesseur, Abdelilah Benkirane, et 132,5 milliards de dirhams pendant le mandant de l’ancien secrétaire de l’Istiqlal, Abbas El Fassi, entre 2007 et 2012.

De quoi rendre probablement fier l’actuel Chef du gouvernement, qui se vante d’un soutien de l’Etat aux investissements publics pour la relance de la dynamique économique nationale. Malgré la baisse des recettes financières publiques, due à la crise de Covid-19, le gouvernement a fixé un volume d’investissement public sans précédent en 2021, d’environ 230 milliards (soit une augmentation de 16% par rapport à 2020), dont 45 milliards de dirhams seront financés par le Fonds d’investissement Mohammed VI, créé sur instructions royales.

Une priorité majeure
Selon le patron du PJD, le gouvernement a fait de l’amélioration du climat des affaires et du soutien à l’investissement et au tissu productif une priorité majeure de sa politique. Il s’agit d’un levier clé pour le renforcement de la compétitivité de l’économie nationale, la production de richesses, la promotion de l’emploi et le soutien du produit national.

«Le gouvernement s’est engagé dans une série de réformes visant l’amélioration de l’attractivité économique nationale et la promotion du tissu entrepreneurial marocain, notamment les très petites, petites et moyennes entreprises», a-t-il indiqué, évoquant ainsi la mise en oeuvre de la loi N°47-18 portant réforme des Centres régionaux d’investissement (CRI) et la création des commissions régionales unifiées d’investissement. M. El Othmani a également évoqué les mesures visant à promouvoir le produit national et à améliorer la compétitivité nationale et internationale, dont l’augmentation de la taxe à l’importation sur les produits finis, l’évaluation de certains accords de libre échange, l’application des mesures protectionnistes en cas de nécessité et l’intensification des efforts de promotion du produit national, ajoutant qu’il a été procédé à l’élargissement du champ d’application de la préférence nationale en matière de marchés publics.

En revanche, au volet social, le chef du gouvernement est demeuré évasif alors qu’il s’agit du domaine où l’échec de l’Exécutif a été particulièrement patent.