Éliminatoires de la coupe du monde de football: Peut encore mieux faire

Au plan comptable, aucune équipe ne tient la dragée haute en Afrique à celle du Maroc. Mais du propre aveu du sélectionneur, un effort reste encore à faire pour espérer se qualifier pour la deuxième fois consécutive en Coupe du monde et, avant cela, jouer le titre à la CAN.

Cela faisait plus d’un mois déjà que la sélection nationale de football était qualifiée pour les barrages de la Coupe du monde, prévus en mars 2022. Ses deux matchs de ces vendredi 12 et mardi 16 novembre 2021 face au Soudan et à la Guinée avaient donc davantage valeur de répétition générale, tout en donnant aux Lions de l’Atlas l’occasion de soigner leur classement mondial et justement minimiser leurs chances d’affronter un cador africain aux dits barrages (qui mettront en opposition dix équipes mais en évitant que les cinq meilleures d’entre elles s’affrontent).

Au final, l’une et l’autre partie ont été remportées sur le score de 3 buts à 0, dont deux doublés consécutifs de l’attaquant du club hongrois de Ferencvaros, Ryan Mmaee (les autres réalisations étant à mettre au crédit d’Imrân Louza et d’Ayoub El Kaabi, respectivement sociétaires de Watford, en Angleterre, et de Hatayspor, en Turquie). Ce qui porte le nombre total de victoires à six, soit le maximum possible dans un groupe I des éliminatoires qui comptait également la Guinée- Bissau: à l’échelle continentale, aucune équipe n’a pu faire de même.

Autre statistique intéressante, le Maroc aura scoré vingt fois, soit le deuxième meilleur total africain seulement derrière l’Algérie qui, elle, comptait cependant dans son groupe A Djibouti, 188ème mondial (face au pays est-africain, elle a inscrit douze de ses vingt-trois buts, dont un 8-0). Et le tir du gauche concédé le 12 octobre 2021 au Complexe sportif du prince Moulay Abdellah face à la Guinée demeure à ce jour la seule fois où le gardien de but Yassine Bounou aura pu être battu: il n’y a que le Mali qui a pu garder ses buts vierges.

De fait, on serait tenté de jeter des fleurs au sélectionneur Vahid Halilhodzic, dont les poulains restent par ailleurs sur une série ininterrompue de quinze matchs sans défaite, dont huit victoires d’affilée. Et pourtant, ce dernier est le premier à reconnaître que le fond de jeu ne satisfait pas toujours et qu’un effort se doit d’être fait pour non seulement mener à bien les barrages et réussir à se qualifier pour la Coupe du monde, mais aussi, avant cela, essayer de faire au moins mieux qu’en 2019 à la Coupe d’Afrique des nations (CAN) que doit accueillir du 9 janvier au 6 février 2022 le Cameroun. “Malgré la victoire, on n’a pas fait un grand match. J’ai ressenti un relâchement,” a-t-il notamment concédé dans la foulée du match face au Soudan.

Faits d’indiscipline
En tout cas, il n’en reste pas moins confiant et a promis aux supporters qu’ils allaient enfin “voir le vrai Maroc”. Eu égard à la CAN, il a notamment déclaré que l’“objectif est très élevé”. Pour la reine des compétitions africaines, M. Halilhodzic devra ceci dit faire sans l’attaquant du club espagnol du FC Séville, Youssef En-Nesyri, absent trois mois des terrains en raison d’une blessure musculaire. Tout comme il semble refuser encore de rappeler Hakim Ziyech et Noussair Mazraoui, auxquels il reproche des faits d’indiscipline dont ils se seraient rendus coupables par le passé en équipe nationale. Selon le bruit qui court, le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), Fouzi Lekjaâ, tenterait toutefois une médiation.

En 2017, il avait déjà réussi à convaincre l’entraîneur français Hervé Renard de reprendre Ziyech, déjà lui, suite à des tensions similaires, avec, au bout du compte, une participation active du joueur dans la première qualification du Maroc en vingt ans à une Coupe du monde. Si l’on peut encore aboutir au même résultat...