EL HADDADI ÉLIGIBLE POUR LES LIONS, VICTOIRE POUR LEKJAÂ

CHANGEMENTS DES RÈGLEMENTS DE LA FIFA

N’était le président de la Fédération royale marocaine de football, le sociétaire du FC Séville n’aurait sans doute jamais rêvé pouvoir jouer pour son pays d’origine.

Munir El Haddadi devrait, à l’évidence, étrenner le maillot de l’équipe nationale de football à son prochain match, prévu le 22 mars 2021 à Nouakchott contre la Mauritanie pour une rencontre entrant dans le cadre de la cinquième et avant-dernière journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN). Enfin, devrait-on dire, car le sociétaire du FC Séville, en championnat d’Espagne, peut voir le bout du tunnel après que la Fédération internationale de football association (FIFA) ait de nouveau actualisé, ce 28 janvier, son règlement régissant l’éligibilité pour jouer en équipe représentative.

Dans le détail, l’instance suprême du ballon rond est allée plus avant par rapport à la réforme qu’elle avait dans un premier temps apportée, le 19 septembre 2020, à ce règlement, en ouvrant également la voie à ce qu’un joueur, quand bien même il aurait continué d’évoluer pour les sélections de jeunes d’un État donné, pourrait changer de couleurs du moment qu’il n’aurait plus joué pour les “A” de l’État en question après ses 21 ans et que trois ans soient passés depuis son dernier match pour ces derniers.

Frapper un grand coup
Car El Haddadi, s’il avait 19 ans et 7 jours le 8 septembre 2014 au moment de disputer les 13 dernières minutes d’un match qualificatif pour le Championnat d’Europe des nations de l’Espagne contre la Macédoine du Nord et qu’il n’a plus été sélectionné depuis lors en séniors, avait néanmoins joué en septembre 2016 en espoirs alors qu’il avait déjà soufflé son vingt-et-unième anniversaire, et cela l’avait empêché, le 13 octobre, d’effectuer ses débuts marocains en amical face au Sénégal, alors qu’il s’était déplacé jusqu’au Maroc. Et il a donc fallu, encore une fois, l’intervention de Fouzi Lekjaâ pour faire évoluer les textes en faveur du joueur. Car c’est avant tout grâce au président de la Fédération royale marocaine de football (FRFM) que le tort subi par El Haddadi a pu être réparé.

On peut même dire que l’évolution qu’a connue le règlement régissant l’éligibilité pour jouer en équipe représentative a presque été taillée sur mesure, M. Lekjaâ s’étant notamment activé dès la qualification, en novembre 2017, du Maroc pour la Coupe du monde tenue l’été suivant en Russie pour qu’il puisse jouer sous les ordres de Hervé Renard, allant jusqu’à saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS) -qui allait toutefois, à J-31, le débouter. El Haddadi avait, alors, également obtenu le soutien de Vicente del Bosque, qui l’avait pourtant lancé en équipe d’Espagne et avait regretté, dans une interview publiée début décembre 2017 dans le quotidien sportif espagnol Marca, ce qu’il avait fait.

Le sélectionneur national Vahid Halilhodzic pourra de fait, désormais, compter sur au moins trois attaquants de calibre, avec notamment l’expérimenté Youssef El-Arabi, buteur avec 15 buts dans les rangs de l’Olympiakos du championnat de Grèce, mais aussi le coéquipier d’El Haddadi à Séville, à savoir Youssef En-Nesyri, qui lui aussi mène le classement des canonniers en Liga.