Plus de 140.000 élèves ont quitté l’école privée pour l’école publique

L'EXODE DES ÉLÈVES S'INVERSE

En plus des 140.000 élèves ayant quitté l’école privée pour l’école publique, 68 établissements privés ont dû mettre la clé sous le paillasson. Une hémorragie qui sonne le glas d’un système privé en décrépitude.

On le sait depuis le début de la rentrée scolaire de cette année. Beaucoup d’élèves de l’école privée ont quitté celleci pour l’école publique. Le ministre de l’éducation nationale, Saïd Amzazi, vient de préciser l’ampleur de cet exode éducatif considéré comme l’un des plus importants dans l’histoire de l’enseignement au Maroc. En effet, il s’agit d’un total de 140.250 élèves qui sont concernés au titre de l’année scolaire 2020-2021. Mais cet exode a commencé il y a quelques années déjà et a atteint 52.000 élèves l’année dernière.

Dans sa présentation du projet de budget de son ministère au titre de l’année 2021 devant la commission de l’enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants, mardi 10 novembre 2020, M. Amzazi a souligné que 68 établissements privés ont fermé leurs portes au titre de l’année scolaire actuelle, à cause des répercussions de la crise de la Covid-19. Cette situation a provoqué un affaiblissement très significatif du système de l’enseignement privé.

Ainsi, le nombre des élèves dans ces écoles est d’environ un million, représentant par conséquent 11% du total des élèves scolarisés alors que cette part était de 14% l’année dernière. Concernant le département de l’éducation nationale, M. Amzazi souligne que les postes budgétaires créés au titre de l’année 2021 atteindront 17.344, dont 15.000 dédiés aux enseignants cadres des AREF, 2.000 postes pour les cadres de l’économie, de l’administration et du soutien pédagogique et administratif, outre 344 postes pour les lauréats du cycle d’agrégation.

La recherche du bénéfice
S’agissant du projet d’amélioration de l’enseignement préscolaire, le plan d’action de l’année 2021 prévoit l’inscription de 140.000 nouveaux élèves, un taux de scolarisation allant jusqu’à 80%, la création de 77 centres de ressource et l’accélération du rythme de formation des éducateurs. Pour ce qui est de l’élargissement de l’offre scolaire, le ministre affirme que 122 établissements d’enseignement seront créés en 2021 dans les milieux urbain et rural, en plus de 26 internats et 45 écoles communales.

Un dispositif de renforcement qui demeure encore insuffisant par rapport aux ambitions des Marocains, qui cherchent à améliorer le niveau de l’école publique. Avec cette épidémie qui a dévoilé les failles de tout un système privé en décrépitude, beaucoup plus axé sur la recherche du bénéfice, l’école publique apparaît comme la solution unique pour des parents qui ne veulent plus scolariser leurs enfants dans l’école privée. Mais pour que l’école publique récupère ses lettres de noblesse, il va falloir pour l’Etat d’investir massivement dans les ressources humaines et dans la création d’écoles qui couvrent tout le territoire national.

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