Quotient électoral: le PJD persiste et signe

Alors que la formation islamiste fait face, sur fond d’appels en faveur de l’organisation d’un congrès extraordinaire, à une véritable surenchère, c’est cette fois son secrétaire général et Chef du gouvernement qui a donné de la voix pour s’opposer à la réforme du quotient électoral.

Le Parti de la justice et du développement (PJD) continue d’accuser les parties souhaitant actualiser le quotient électoral de comploter à son encontre. Et cette fois, c’est son propre secrétaire général, à savoir Saâd Eddine El Othmani, qui a donné de sa voix, à l’occasion des travaux de la commission nationale de la formation islamiste de ce 18 octobre 2020.

Le Chef du gouvernement a, ainsi, averti de ce que, selon lui, “l’adoption par le Maroc” d’un quotient électoral prenant également en compte les voix non-exprimées, comme l’y appellent actuellement l’ensemble des partis politiques de la place en dehors du PJD, “le fera[ it] classer parmi les pays hybrides démocratiquement”.

Et d’ajouter, dans le droit fil de déclarations faites notamment au cours des dernières semaines par le député-maire de Meknès, Abdellah Bouanou, ou encore l’ancien ministre Mohamed Najib Boulif, que “les partis politiques qui défendent ce mode d’élections vont dans une seule direction, en l’occurrence la réduction des chances du PJD dans les prochaines élections”, prévues en 2021.

En effet, le PJD a pu successivement emporter la première place aux législatives de novembre 2011 et octobre 2016, en obtenant respectivement 107 et 125 sièges à la chambre des représentants, en recueillant seulement un peu plus d’un quart (27% environ, plus exactement) de moins de la moitié des voix exprimées par les Marocains inscrits sur les listes électorales, qui eux-même sont loin de constituer la totalité de la population du pays.

Une situation que d’aucuns, à l’instar notamment du premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), Driss Lachgar, considèrent comme étant “viciée”, et le nouveau quotient électoral, tout imparfait qu’il soit, présente à leur yeux un moindre mal.

Véritable surenchère
Certains dignitaires du PJD, à l’instar du ministre d’État chargé des Droits de l’Homme, Mustapha Ramid, sont euxmêmes conscients du fait que la domination actuelle du parti est moins à mettre au crédit de sa popularité qu’à la discipline de ses électeurs, et ont, pour cette raison, mis sur le tapis la question de la diminution du nombre de candidats aux législatives de 2021, mais face à l’opposition, menée notamment par M. Bouanou -qui avait parlé d’appels “inacceptables et illogiques”-, la chose n’a plus été évoquée au cours des dernières semaines. Mais il faut dire qu’actuellement le PJD se retrouve, alors que les appels en faveur de l’organisation d’un congrès extraordinaire se multiplient et ont même recueilli au cours des travaux de la commission nationale quelque 700 signatures, en plein milieu d’une véritable surenchère, et la sortie de M. El Othmani n’est sans doute pas, de ce point de vue, pour ne pas participer de ce maelstrom interne.


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