Élections US : L'inconnue américaine

Deux jours après le scrutin présidentiel, le nouveau locataire de la Maison Blanche n’était pas encore connu.

Dans la soirée du 5 novembre 2020, Joe Biden était en passe d’être officiellement élu président des États-Unis et ainsi succéder à Donald Trump à la Maison-Blanche. Ne lui manquait que six grands électeurs pour atteindre le nombre fatidique de 270 électeurs nécessaires pour rafler la mise, alors que dans l’État du Nevada, qui dispose justement de six grands électeurs, il était en avance de plus de 8.000 voix sur son adversaire républicain.

En même temps, la Géorgie, où M. Trump semblait avantagé dans les premières heures du décompte, était en train de basculer à vitesse grand V en faveur de M. Biden, du fait notamment du commencement de la prise en compte des votes par bulletins envoyés depuis le comté de Fulton, qui compte la principale ville de l’État, à savoir Atlanta, et qui est surtout un bastion démocrate.

Un scénario également susceptible de se reproduire en Pennsylvanie, où l’équipe de M. Trump déclarait, dans des emails à ses soutiens, la victoire, alors que l’agence de presse Associated Press, considérée comme la source principale des résultats par les observateurs en raison de sa fiabilité reconnue, refusait d’opiner. C’est en tout cas la première fois depuis 2000 et l’affrontement entre l’ancien vice-président Al Gore et George W. Bush, finalement élu 43ème président des États-Unis, que les résultats des élections n’étaient pas encore connus le lendemain de leur tenue.

Une bataille judiciaire
Un état de fait notamment dû au refus par les Républicains de débuter le décompte des votes dès leur réception dans la Pennsylvanie justement mais aussi au Michigan et au Wisconsin, deux État remportés par M. Biden alors que dans les premières heures M. Trump donnait l’impression de pouvoir les conserver après avoir déjà gagné leurs grands électeurs en 2016, là aussi parce que les bulletins envoyés par courrier ont été majoritairement démocrates alors que les sympathisants du Grand Old Party (GOP), à savoir le Parti républicain, s’étaient plutôt pressés personnellement aux urnes.

Cette différence de teneur entre votes par courrier et votes en personne pourrait justement être, au cours des prochaines semaines, au coeur d’une véritable bataille judiciaire, puisque M. Trump y a vu, dans une déclaration à la presse donnée dans la nuit du 3 au 4 novembre, une conspiration à son encontre, alors même qu’il accuse depuis plusieurs semaines déjà le Parti démocrate de tenter d’orchestrer une élection truquée (“a rigged election”, en VO) à son encontre.

Des procédures ont ainsi déjà été entamées, en Géorgie, au Michigan, au Nevada et en Pennsylvanie, en attendant peutêtre l’Arizona, dont AP et surtout la chaîne de télévision Fox News ont déclaré M. Biden vainqueur, alors que cette dernière, pro-républicaine pourtant, est désormais ouvertement elle aussi accusée de participer au vol de l’élection de M. Trump -ce dernier aurait même, selon le magazine Vanity Fair, personnellement appelé le propriétaire de la chaîne, à savoir l’homme d’affaires australo- américain Rupert Murdoch, pour en protester auprès de lui.

En fait, la différence entre votes par courrier et votes en personne semble davantage découler du fait que M. Biden avait appelé ses sympathisants à voter par correspondance, en raison du risque posé par la pandémie de Covid-19, alors que M. Trump a poussé les siens à faire l’opposé pour justement être sûrs que leurs voix ne soient pas, selon lui, détournées. Il se peut bien, en tout cas, que plusieurs semaines soient encore nécessaires avant que l’on en sache plus sur le débouché final de ces élections américaines de 2020.


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