ÉLECTIONS DE 2021: Vers un report, vraiment?

Invoquant la situation épidémiologique et sanitaire, certains voix s’élèvent pour que tous les scrutins prévus l’année prochaine soit ajournés.

Alors que moins de quatre mois seulement nous séparent de l’année 2021, on ne sait pas encore si celle-ci sera bel et bien électorale, avec aussi bien la tenue des législatives que des communales et des régionales, ou ne le sera pas. Ainsi, le bruit court que le ministère de l’Intérieur, qui devrait rester encore à la manoeuvre en dépit d’appels en faveur de la mise en place d’une commission électorale nationale indépendante ad hoc, aurait tranché pour le mois de juin, mais le département de Abdelouafi Laftit n’en a, ceci dit, rien dit au cours des dernières semaines. Plusieurs courants semblent, de fait, tenir la corde.

L’un deux, invoquant la pandémie de Covid- 19, estime que, tout simplement, tous les scrutins devraient de préférence être reportés, en raison du manque de visibilité par rapport notamment au vaccin, dont la mise sur le marché est demeurée partout un simple effet d’annonce et rien de plus. Cependant, aucun parti n’a encore osé faire sienne cette position. Tous insistent, officiellement, sur le maintien de toutes les élections pour 2021. Ils sont, ainsi, généralement même d’avis que celles-ci soient organisés le même jour, de sorte que l’État ne dépense pas plus d’argent qu’il ne le faudrait. Mais, ceci dit, les discussions demeurent.

Manque de visibilité
C’est ainsi que Saâd Eddine El Othmani vient de recevoir ce 16 septembre 2020 à Rabat, au siège de la primature dans le quartier des Princesses, les secrétaires généraux des trois principaux partis d’opposition que sont le Parti authenticité et modernité (PAM), le Parti de l’Istiqlal (PI) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS), à savoir Abdellatif Ouahbi, Nizar Baraka et Mohammed Nabil Benabdallah. Ce sont ces derniers qui avaient sollicité le Chef du gouvernement, mais apparemment ils ont été déçus, car rien n’a vraiment été débattu. “Nous avons mangé des gâteaux et bu du thé,” a ironisé M. Ouahbi, après que les médias lui eurent posé la question sur la teneur des échanges que lui et MM. Baraka et Benabdallah ont eus avec M. El Othmani.

Ce dernier semble, ainsi, lui-même hors du coup et attendre encore pour voir ce qui sera forcément décidé, en fin de compte, par le ministère de l’Intérieur, en s’appuyant sans nul sur l’état d’évolution de la situation épidémiologique dans le Royaume. Il pourrait même, au passage, ne plus être à la barre du Parti de la justice et du développement (PJD), dont il occupe le poste de secrétaire général depuis décembre 2017, dans la mesure où les appels se multiplient, à l’heure actuelle, au sein de la formation islamiste pour demander l’organisation d’un congrès extraordinaire en prélude aux prochaines échéances électorales.

Ces appels jouiraient notamment du soutien personnel du prédécesseur de M. El Othmani aussi bien au niveau du parti que du gouvernement, à savoir Abdelilah Benkirane, lequel s’était dit en juin, dans des propos accordés au média qatari Arabi21, “indisposé par tout ce qui arrive ces jours-ci dans notre région, surtout au sein du PJD”.

Le chef de l’Exécutif doit, d’autant plus, faire face à la fronde que mène depuis quelques semaines à son endroit l’Union socialiste des forces populaires (USFP), qui l’accuse désormais au grand jour de disloquer la majorité.


Laisser un commentaire

Merci de cocher cette case
X

Télécharger le magazine Maroc Hebdo

Télécharger