Élections 2021: Le Mouvement populaire, le pivot de la majorité

Le parti ambitionne de gagner plus de terrain dans les prochaines élections de 2021 et de négocier plus de postes clés dans le futur gouvernement. Sa souplesse en fait un parti favori pour mener les négociations pour la formation d’une majorité gouvernementale. Le parti est doté d’une base militante large et d’une sympathie populaire bien ancrée, notamment dans le milieu rural.

Historiquement lié au monde rural et aux régions berbérophones, créé en 1957 par Mahjoubi Aherdane et Lahcen Lyoussi, notamment, pour porter la voix des Berbères mais aussi pour faire barrière au concept du parti unique et prêcher le multipartisme, le Mouvement populaire ou le parti de l’épi (son emblème) a toujours fait partie des majorités gouvernementales ces dernières années.

Lors des élections de 2016, le parti a obtenu 27 sièges, ce qui représente une perte de 5 sièges par rapport au scrutin de 2011 et de 14 sièges par rapport au scrutin de 2007. Malgré cela, ce score lui a permis de négocier quelques départements dans les gouvernements Benkirane II puis El Othmani I et II. Actuellement, le parti détient deux départements ministériels et non des moindres: Saaid Amzazi, ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, et Nouzha Bouchareb, ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, alors qu’il disposait de cinq postes (dont trois secrétaires d’Etat) au cabinet El Othmani I (5 avril 2017 - 9 octobre 2019).

D’ailleurs, ces deux nouveaux quadras, Mme Bouchareb et M. Amzazi ont redoré le blason du parti, particulièrement par leur présence, leur dynamisme et leur engagement pour faire avancer les chantiers de leurs départements respectifs.

Renforcer sa présence
Le parti ambitionne de gagner plus de terrain dans les prochaines élections de 2021 et de négocier plus de postes clés dans le futur gouvernement. Sa souplesse en fait un parti favori pour mener les négociations pour la formation d’une majorité gouvernementale. Le parti est doté d’une base militante large et d’une sympathie populaire bien ancrée, notamment dans le milieu rural.

Le 30 avril 2021, le Mouvement Populaire a décidé de confier la gestion de sa campagne électorale lors des prochaines échéances électorales de 2021 à Mohamed Jaouad, membre du Bureau politique du parti. Sa désignation par le Bureau politique est motivée par la culture, le dynamisme et l’expertise politique qui distinguent ce dirigeant haraki, en plus de sa formation académique dans le domaine de l’économie, où il est considéré comme un expert. Mohamed Jaouad, qui se distingue par son amabilité, est fortement apprécié par les militants et militantes harakis.

Toujours dans le cadre des préparatifs des prochaines échéances électorales professionnelles, communales, régionales et législatives, et en application des résolutions du Conseil national du parti du Mouvement Populaire lors de sa dernière session, le Bureau politique a poursuivi la prise des dispositions organisationnelles pour renforcer sa présence lors de ces échéances à travers l’élargissement de sa couverture des différentes régions et circonscriptions et la finalisation de son programme électoral avec une vision visant à faire accéder le parti à un statut meilleur, eu égard à son poids politique, à la singularité de son référentiel idéologique et à sa stratégie d’ouverture pour attirer des compétences sociétales et favoriser le retour légitime des fils du parti à leur foyer d’origine.

En février 2021, lors d’une rencontre interne, Mohand Laenser a annoncé la couleur en déclarant que la vision du parti pour la prochaine législature fait du développement des zones rurales et montagneuses l’une de ses premières priorités, en proposant des mesures pratiques pour répondre aux besoins des populations locales, en prêtant attention à la jeunesse du monde rural. Il a ajouté qu’une attention particulière sera accordée à la promotion de la culture comme levier de développement de l’amazigh en tant que langue, culture et civilisation.

Il a souligné que ce programme repose également sur la bonne gouvernance, l’efficacité de l’administration, l’amélioration du climat des affaires et l’encouragement des investissements dans des secteurs stratégiques pour la création d’emploi, le soutien au pouvoir d’achat, et l’appui à l’accompagnement de l’entreprise et l’encouragement de l’investissement. Pour M. Laenser, les objectifs chiffrés du programme électoral tiennent compte du contexte et de la conjoncture actuelle. Ceci dit, il concède qu’il existe très peu de visibilité tant que la pandémie n’a pas encore été circonscrite et qu’une fois au pouvoir, les prévisions devront être réajustées en fonction des données actualisées.

Ce qui fait la force du parti, ce sont ses organisations parallèles bien présentes sur le terrain: la Jeunesse Harakie, les Femmes Harakies, les Marocains du monde et le Forum universitaire haraki, le Comité préparatoire de la Ligue des étudiants du Mouvement Populaire à l’étranger…

Par rapport à cette dernière, Mohamed El Rherras, ancien ministre, membre du bureau politique du Mouvement Populaire et coordinateur du Pôle des relations extérieures et des Marocains du monde, a affirmé que le Mouvement Populaire a voulu mettre en place cette organisation estudiantine en soutien à un groupe d’étudiants en France, en Amérique du Nord et dans les pays du Golfe, et a ajouté que «le moment est venu d’investir dans l’éducation des nouvelles générations d’étudiants universitaires, en leur ouvrant la voie pour adhérer à l’action partisane institutionnelle et en leur facilitant l’exercice de la politique au sein des universités, à l’instar de ce qui était en vigueur durant les années 70, 80 et 90 du siècle dernier».

C’est dire que le MP est un parti qui a pignon sur rue et avec lequel il faut toujours compter. D’autant plus que les relations du Secrétaire général du parti, Mohand Laenser, avec le reste des partis politiques, sont empreintes de respect et de considération mutuels. Un événement a marqué ces préparatifs du rendez-vous électoral: Said Tadlaoui, une grosse pointure, et machine électorale à Mohammadia et région, a rejoint l’Istiqlal, la dernière semaine d’avril.

Un de ses lieutenants, coordinateur MP à Ain Harrouda, à quelques kilomètres de Mohammadia, a marché sur ses traces. Sans grand impact sur le parti, souligne un membre du bureau politique. Pour lui, ce départ donne l’occasion au parti de trouver d’autres candidats, de se renouveler. C’est d’ailleurs le pari actuel de M. Laenser: rajeunir davantage le parti.