Électeurs, allez voter

Plus de 2 millions de nouveaux inscrits sur les listes électorales

Par rapport aux élections de 2016, les listes électorales de ce scrutin se sont enrichies de 2,3 millions de nouveaux inscrits. Ainsi, environ 18 millions d’électeurs sont appelés, mercredi 8 septembre 2021, à élire leurs représentants au niveau parlementaire, régional et communal.

Si beaucoup a été dit et écrit sur les partis politiques qui se livrent désormais une bataille acharnée pour le gain des voix lors du scrutin du mercredi 8 septembre 2021, très peu circule sur le profil des électeurs qui vont voter. Plus globalement, le débat politique se focalise historiquement sur le taux de participation aux élections, qui demeure généralement faible dans notre pays. C’est le véritable enjeu de ce scrutin pour pouvoir changer la carte politique nationale.

Dans un souci de transparence, le ministère de l’Intérieur a rendu public, fin août dernier, le profil des électeurs: âge, catégorie socioprofessionnelle et milieu d’habitation. La bonne nouvelle pour ce scrutin, c’est que le nombre d’inscrits a augmenté par rapport aux élections de 2016. Ils sont environ 18 millions de Marocains à être inscrits sur les listes électorales, contre environ 16 millions il y a cinq ans. Les nouveaux inscrits sont ainsi chiffrés à 2,3 millions.

Les partis politiques saluent cette progression tout en appelant les électeurs à aller massivement aux urnes. La répartition des électeurs par genre fait ressortir une prédominance des hommes, qui représentent 54% des inscrits, contre 46% de femmes. Plus de la moitié des votants proviennent des espaces urbains. On relève dans ce sens un ratio de 54% tandis que les 46% autres sont issus des zones rurales. De même, la segmentation par âge démontre que 23% des électeurs ont 60 ans et plus, alors que 9% ont entre 55 et 59 ans et 20% entre 45 et 54 ans. Les votants âgés de 35 à 44 ans représentent, pour leur part, 21% des électeurs, contre 19% pour la tranche des 25-34 ans et 8% pour les 18-24 ans.

Un droit et un devoir
Nul besoin de rappeler que les élections de cette année se tiennent dans un contexte particulier en raison de la crise pandémique et l’instauration de restrictions sanitaires pour empêcher la propagation du virus. Les partis politiques, qui sont conscients des nouvelles circonstances inhabituelles, sont ainsi obligés d’ajuster leurs stratégies de communication en recourant aux techniques numériques, à l’instar des visioconférences et meetings hybrides ainsi que de limiter au minimum les rencontres conventionnelles et d’observer scrupuleusement les restrictions en vigueur contre la pandémie.

Les leaders des partis politiques, qui craignent un taux de participation faible pour diverses raisons, dont naturellement la pandémie et la colère des Marocains contre la pratique politique, ne cessent d’investir les médias et les réseaux sociaux pour appeler les électeurs à ne pas abandonner leur droit d’aller voter. Un droit et même un devoir sans lequel le changement politique tant réclamé et attendu par les Marocains ne pourrait avoir lieu. Seul le vote pourrait provoquer un sursaut de la pratique politique dans notre pays en sanctionnant les mauvais candidats et en élisant les bons.