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EL AZAMI PERSISTE ET SIGNE

LES FASSIS CONTESTENT LA GESTION CHAOTIQUE DE LA VILLE PAR LE MAIRE PJDISTE

À Fès, le maire menace de poursuivre en justice les habitants de la ville qui s’élèvent contre sa gestion des parkings et du stationnement mais aussi contre son manque d’initiatives pour redécoller économiquement une ville agonisante. Il va jusqu’à imaginer une récupération politique du mouvement de protestation populaire.

Fès manque de tout. Economiquement agonisante, la ville est depuis quelques mois en proie à une autre crise, un bras de fer entre la mairie, dirigée par le pjdiste Driss El Azami Idrissi, et les Fassis. Après les problèmes économiques et sociaux dont pâtit la ville spirituelle, le noeud du nouveau tracas réside dans la gestion des parkings et du stationnement.

Le maire en a confié la gestion à une Société de développement local (SDL), qui a mis en place des solutions digitalisées de paiement sans contact et sans cash, exigeant des prix exorbitants.

Les habitants ont réclamé la publication du cahier de charges du contrat noué avec la mairie. Ils n’ont pas obtenu gain de cause. Le bras de fer a alors commencé. Il dure depuis des mois. Les habitants de la ville voient de la rente pure et simple dans l’attribution du marché du stationnement payant et du gardiennage des voitures au niveau des parkings à une société étrangère.

Manoeuvres politiciennes
Les protestataires estiment que ce marché pousse au chômage les gardiens «traditionnels » de voitures, organisés au sein d’une association, et porterait atteinte au pouvoir d’achat des propriétaires de voitures locaux, acculés à payer des prix exorbitants, estimés à 3.600 DH par an et par voiture. En effet, les propriétaires de voitures ont été obligés de payer et les anciens gardiens qui occupent les rues et la SDL dont la prestation est jugée onéreuse.

La Commune exige de la SDL un montant de 6 MDH par an, une somme revue à la hausse annuellement au vu des augmentations des prix des tickets programmés.

La résistance à cette façon de faire augmente. Les Fassis ne décolèrent pas. Les activistes du mouvement Boycott Fès-Parkings ont saisi l’occasion de la tenue de la session ordinaire de février 2021 du Conseil communal, pour faire entendre leurs voix. Ils se sont rassemblés devant le siège du Conseil de la ville, décriant El Azami et les membres de son bureau.

N’ayant pas pu empêcher l’étendue de ce mouvement et la colère des habitants, El Azami passe aux menaces. Il a accusé les protestataires de vouloir s’accaparer «la rente que procurent ces parkings» pour leurs intérêts personnels. Il s’agit, entre autres, de «réunir des fonds pour les utiliser à des fins constructives et pragmatiques», a expliqué Driss El Azami Idrissi. Il promet de poursuivre en justice les dirigeants de l’association Boycott Fès-Parkings et les gardiens hors-la-loi qui exploitent les espaces de stationnement.

«C’est un lobby composé de gardiens et d’intermédiaires qui s’agite contre la volonté de la majorité des habitants», estime ce dirigeant islamiste, qui n’exclut pas que «ces clans oeuvrent pour des intérêts politiques », renchérit-il. Il ne s’arrête pas à ce stade, il va jusqu’à nourrir des soupçons de manoeuvres politiciennes à l’approche des élections législatives de 2021: «2021 est une année électorale et je n’écarte par l’idée que ce mouvement s’active pour des raisons politiques ».

Il semble que l’actuel maire fait sa campagne électorale en évoquant des sabotages politiques. Or, ce sont les habitants de la ville qui dénoncent depuis son élection sa gestion calamiteuse globale d’une des plus grandes villes du Royaume dont l’infrastructure est défaillante et la morosité économique et le taux de chômage atteignent des niveaux alarmants.