Les EEP performent en s’endettant de plus en plus

LES ÉTABLISSEMENTS ET ENTREPRISES PUBLICS (EEP) CONSOLIDERAIENT LEUR CROISSANCE EN 2022-2024

L’ONEE (26%), l’OCP (19%), l’ONCF (14%), Masen (11%) et ADM (10%) restent, parmi les EEP, les cinq principaux emprunteurs publics hors Trésor, avec un encours de 171,1 milliards de dirhams.

L’endettement des EEP poursuit sa montée en flèche. Afin de financer leurs programmes d’investissements, le portefeuille public des établissements et entreprises publics (EEP) recourt régulièrement aux emprunts. À fin 2020, l’encours de leurs dettes de financement s’élève à 296,59 milliards de dirhams, en hausse de 1% sur un an. Dans le détail, 95% de cet encours concerne les EEP du portefeuille du périmètre à gestion stratégique (281,33 milliards de DH). Pour l’exercice en cours, les prévisions de clôture tablent sur encours de 321,13 milliards de dirhams dont 303,08 milliards des dettes concernent les EEP du périmètre à gestion stratégique (8%).

Les EEP restent le premier groupement des emprunteurs publics hors Trésor avec un encours de 171,1 milliards de dirhams. Une part de 80% de cet encours est détenue par cinq principaux emprunteurs, à savoir l’ONEE (26%), l’OCP (19%), l’ONCF (14%), Masen (11%) et ADM (10%). Néanmoins, ce niveau d’endettement n’empêche pas les EEP de performer, puisque le portefeuille public des établissements et entreprises publics (EEP) devrait enregistrer une consolidation de ses performances sur la période 2022-2024.

En effet, après une année 2020 difficile, en raison de la crise sanitaire, et un redressement attendu pour l’exercice en cours, le chiffre d’affaires du portefeuille public (269 EEP à fin août dernier) devrait ressortir à 301,67 milliards de dirhams en moyenne annuelle sur la période 2022-2024. De même, la valeur ajoutée à générer par les EEP, quant à elle, devrait atteindre 102,68 milliards de dirhams en moyenne annuelle sur la même période. Une précision importante, les EEP à gestion stratégique pèseraient ainsi 67% du chiffre d’affaires attendu et 10% de la valeur ajoutée prévue. Rappelons qu’en 2020, le chiffre d’affaires du portefeuille public s’est déprécié de 7%, passant de 252,9 milliards de dirhams en 2019 à 235,7 milliards l’année suivante.

De même, en 2020, le chiffre d’affaires des EEP du périmètre à gestion stratégique a pesé pour 63% du CA global du portefeuille, en baisse de 11% sur un an. Et les prévisions de clôture de l’exercice en cours tablent sur un CA de ce périmètre de 181,17 milliards de dirhams, en hausse de 21% par rapport à 2020. La valeur ajoutée du portefeuille a également pris un sacré coup en 2020 puisqu’elle s’est enfoncée de 19% à 68,77 milliards de dirhams. Cette contre-performance s’explique principalement par la baisse de la valeur ajoutée du groupe RAM (-66%), du groupe CDG (-31%), d’ADM (-29%) et du groupe OCP (-4%). Pour 2021, la valeur ajoutée devrait connaître un redressement, les probabilités de clôture de l’exercice tablant sur une amélioration de 36% à 93,51 milliards de dirhams.

Chiffre d’affaires
Les actifs détenus par le portefeuille public des EEP continuent de grandir. À fin 2020, ils ont monté de 3% à 1.650,7 milliards de dirhams. Les prévisions de clôture de l’exercice en cours font état d’une appréciation de 2% du total des actifs. Soulignons qu’en 2020, une part de 78% du total des actifs est détenue par les EEP du périmètre à gestion stratégique. Ces actifs se sont appréciés de 3% en 2020 pour atteindre un total de 1.282,2 milliards de dirhams.

Pour 2021, les prévisions tablent sur un même niveau de progression, soit 3% à 1.316,5 milliards de dirhams. Quant à la répartition régionale des investissements, elle devrait enregistrer cette année un certain rééquilibrage. Concrètement, Rabat-Salé-Kénitra marquerait un retrait de 2,7 points en passant de 19,3% en 2020 à 16,6% cette année, alors que les régions de Marrakech-Safi et Fès-Meknès perdraient respectivement 0,9 et 2 points en glissement annuel. Par rapport à 2020, la plus importante amélioration devrait être enregistrée par Tanger-Tétouan-Al Hoceima avec 2,1 points, suivie de Laâyoune-Sakia El Hamra avec 1,6 point.

Par contre, les autres régions auront des améliorations des parts d’investissements ne dépassant pas les 1,2 point. L’analyse de la répartition régionale des investissements prévisionnels des EEP pour cette année (84,075 milliards de DH) fait ressortir qu’une part de 39% de ces investissements se concentre dans les deux métropoles : Casablanca-Settat et Rabat-Salé- Kénitra. Les régions émergentes de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, Marrakech-Safi et l’Oriental attireraient 34% alors que celles de Souss-Massa et Fès-Meknès en capteraient respectivement 6 et 4%. Les autres régions, quant à elles, se départageraient les 17% restant des investissements prévus.

Rappelons que pour 2022, les EEP projettent des investissements de 92,12 milliards de dirhams dont 64,3 milliards seront mobilisés par les EEP du périmètre à gestion stratégique. Un montant à imputer principalement aux prévisions d’investissement de l’ONEE (11,03 milliards de DH), du Holding Al Omrane (4,5 milliards), des Régies de distribution (3,3 milliards), du groupe ONCF (2,9 milliards) et d’ADM (2 milliards). Les EEP restent, enfin, un grand contributeur au budget de l’État, puisqu’ils devront verser au Budget général de l’État (BGE) 11,20 milliards de dirhams au titre des produits à provenir du portefeuille en 2022, en hausse de 1% sur un an. Les projections hors produits des cessions d’actifs et de la privatisation pour 2023 et 2024 tablent respectivement sur 11,42 milliards et 11,6 milliards.