L'ÉDUCATION, CE BIEN COMMUN

L’INSTRUCTION PUBLIQUE RESTE ENCORE INACHEVÉE.

Au lieu de considérer l’éducation comme un bien commun, notre système éducatif aussi bien public que privé a tendance à donner par –dessus tout la part belle à la logique de marchande.

Un système devenu au fil du temps hiérarchisé, et où règne la concurrence entre les différents établissements scolaires et les différentes institutions universitaires. Un système où prédomine, en fin de compte, l’école d’une certaine élite. Une élite qui n’a le plus souvent que le capital –argent. En effet, de réforme en réforme, tout a été entrepris pour que l’enseignement privé payant occupe une place de choix.

Or, cet enseignement, souvent hétérogène est devenu hors contrôle des pouvoirs publics. Imposant ses propres tarifs aussi bien d’inscription que de scolarité ou d’assurance. Des tarifs de plus en plus exorbitants imposés à des parents qui ont déserté une école publique dont la réputation laisse à désirer depuis belle lurette. Parents, qui faute d’une alternative crédible pour améliorer l’état de l’enseignement public n’ont eu d’autre recours que de se réfugier dans les écoles privées.

Saignés à blanc, une partie de ces parents d’élèves, souvent organisés au sein d’associations représentatives, n’ont eu de cesse de s’adresser à un Etat qui feint ne pas prendre leurs doléances au sérieux. Ne serait-ce que sur le plan fiscal, en leur donnant la possibilité de s’exonérer du paiement d’une partie de la charge des frais de scolarité qu’ils supportent de plus en plus mal.

Face à cette situation qui n’a que trop duré, des voix se sont levées au sein du ministère de l’éducation nationale pour remédier à cet état des choses. Notamment pour faire face aux conséquences désastreuses de la crise sanitaire sur nos élèves. Néanmoins, le ministère ne pouvait jouer que le rôle d’intermédiaire entre les parents et ces établissements privés.

Vu que ces derniers étaient protégés par le droit de la concurrence, les responsables du ministère de l’éducation nationale se sont tournés récemment vers le conseil de la concurrence nouvellement constitué pour trouver une formule de compromis entre d’une part le principe de la libre initiative et le principe du service public.

Seule la mise en oeuvre de ce dernier principe permet aux pouvoirs publics d’intervenir pour faire respecter le droit de tous –notamment les moins favorisés- à l’éducation. Aussi dans un rapport publié pas plus d’une semaine, le conseil de la concurrence n’a pas manqué d’affirmer que l’État est appelé à encadrer l’enseignement privé en fixant certaines normes en vue non seulement de garantir la qualité du service d’enseignement privé, mais aussi en faisant respecter une répartition la plus équitable possible et adaptée des compétences éducatives entre les diverses composantes du système éducatif.

Le tout en instituant une structure qui donne la liberté aux parents d’élèves de choisir le mode d’enseignement qui leur convient. Un pas certes positif, mais qui reste insuffisant tant qu’on n’aura pas institué, notamment au niveau du fonctionnement de l’école, de nouvelles pratiques visant à instaurer aussi bien la liberté que l’égalité devant l’accès à la connaissance.