Économie: Gérer l'urgence, faire face à la décroissance

Faire face à l’urgence de la situation actuelle qui est une crise majeure : voilà la priorité – et le Maroc a été très réactif à ce sujet. Mais aussi s’atteler à appréhender, d’ores et déjà et en même temps donc, l’impact sur l’appareil productif à terme. Les prévisions de la loi de finances 2020 sont fortement remises en cause ; tous les indicateurs vont passer au rouge exception faite de la facture énergétique. Celle-ci avait été établie sur la base d’un baril de pétrole à 60 dollars ; il a fortement chuté ces dernières semaines jusqu’à 25 dollars, les conjoncturistes ne retenant pas une envolée marquante lors des mois à venir.

Selon les premières prévisions, c’est de fait une décroissance l’ordre de 8% des activités hors agriculture qu’il faut retenir. Elle se décline autour d’une contraction de 5 points liée à la crise et d’un manque à gagner de 3 points correspondant aux objectifs de 2020. Les secteurs frappés sont les suivants : commerce (hors alimentation), transport (aérien, terrestre, maritime) industrie suivant les activité...

Tout cela pénalise le niveau de l’activité et demeure nourri par un double choc, interne et externe. Il y aura pratiquement des arrêts de production tels dans le tourisme pour le prochain trimestre – un fait déjà enclenché au mois de mars -, les transports (avec la fermeture des frontières aériennes, terrestres et maritimes) à laquelle il faut ajouter le confinement mis en oeuvre le 20 mars). A relever aussi, dans ce même registre, les conséquences prévisibles sur la balance des paiements. Le tourisme a enregistré 79 milliards de DH de recettes en 2019 : qu’en sera-t-il en 2020, d’autant plus que c’est une activité qui n’est pas stockable ? Les transferts MRE de 65 milliards de DH l’année dernière ne vont-ils pas pâtir, eux aussi, de la situation d’urgence qui prévaut dans les pays d’accueil de notre communauté ? Même les IDE ne seront pas épargnés. Ils avaient déjà chuté en 2019 de 47% : cette contraction ne va-t-elle pas se poursuivre d’autant plus que les investisseurs potentiels vont subir les effets de cette même situation.

Sur ces bases-là où se conjuguent une demande intérieure forcément en retrait et un environnement international – surtout dans nos marchés traditionnels en Europe – il importe de se préparer à des perspectives aussi pessimistes. Le gouvernement doit mesurer l’ampleur de crise qui se dessine. La dépense publique va exploser, il est vrai, il doit offrir également l’opportunité de réfléchir et d’élaborer une batterie de mesures de relance. Oui, de relance!


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