L'ÉCONOMIE EN PERTE DE VITESSE

C’EST LE PRIX À PAYER POUR ENRAYER L’ÉPIDÉMIE.

A part certaines activités économiques à forte composante digitalisée et certaines branches de l’agro-industrie, à l’image de l’alimentaire qui a pu maintenir son activités, sans faillir, bien évidemment, aux règles d’urgence sanitaire décrétées par les autorités, le reste de l’économie est à l’arrêt ou dans le meilleur des cas tourne au ralenti.

Le ralentissement de l’économie impactera aussi bien l’offre de production des entreprises que la demande des ménages. Une demande qui serait sévèrement touchée dans les prochains mois. Cela dépendra de la durée du confinement et de l’évolution de la situation sanitaire. En tout cas, l’appréciation des ménages va radicalement changer. Dans de nombreux cas, les projets d’achats de biens durables comme un véhicule ou d’investissement immobilier sont d’ores et déjà reportés, voire annulés, en raison des incertitudes sur l’ampleur et la durée de la crise.

Coté offre, au moment où beaucoup de chantiers le BTP sont à l’arrêt, dans certains secteurs comme le commerce et les services, les opérateurs sont exhortés à faire preuve de solidarité pour traverser cette mauvaise passe. Quand aux activité dépendant de l’international, l’inquiétude est à son paroxysme. L’écrasante majorité des hôtels sont fermés parce qu’il n’y a plus de clients. Et même à l’arrêt total, les hôteliers doivent payer les salaires du personnel. Pour pouvoir supporter les charges, la plupart des entreprises du secteur recourent au crédit bancaire.

Faute d’activité, plusieurs hôteliers ont mis leur établissement à la disposition des médecins pour héberger les patients, notamment à Agadir et Marrakech. Dépendant largement du tourisme, le transport touristique est aujourd’hui sinistré, de même titre que toutes les autres branches du secteur. Ainsi, la suspension des activités de Renault et de PSA est un coup dur pour les transporteurs, surtout pour celle dont Renault représente 50% du chiffre d’affaires. Le transport de marchandises a subi , lui aussi ,la crise qui sévit dans le secteur du textile où la plupart des opérateurs sont à l’arrêt.

Jusqu’ici, les pertes n’ont pas encore été évaluées pour la totalité des branches, mais pour le transport du personnel, des instructions ont été données pour diviser par deux le nombre de personnes transportées, de multiplier les navettes et d’éviter de desservir plusieurs entreprises à la fois. Ce qui ne risque pas d’arranger les affaires des opérateurs. L’épidémie de la crise n’a pas épargné, non plus, le textile-habillement, qui reste l’un des secteurs les plus touchés par la crise en raison des perturbations au niveau des approvisionnements. Résultat : Les usines ferment les unes après les autres.

Jusqu’à quand cette casse économique va t-elle s’arrêter ? Personne ne peut le dire. Mais sur un autre plan, que la production et la consommation décrochent, par ces temps de casse sanitaire, est une évidence. Car plus nous restons chez nous, plus l’économie ralentit et plus vite l’épidémie sera contrôlée. N’est- ce pas, là, le prix à payer.


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