L’ÉCONOMIE, OTAGE D’UN VIRUS

LES NOUVELLES MUTATIONS DU VIRUS ET LE BILAN HUMAIN DE PLUS EN PLUS LOURD SONT PRÉOCCUPANTS

Plus d’un an après le début de la pandémie du Covid-19, les perspectives économiques, aussi bien au niveau international que national, restent très incertaines. Les nouvelles mutations du virus et le bilan humain de plus en plus lourd sont préoccupants, même si l’amélioration de la couverture vaccinale suscite l’optimisme.

La reprise économique est inégale selon les pays et les secteurs, les perturbations et l’ampleur des mesures de soutien induites par la pandémie ayant varié. Au Maroc, l’accès aux vaccins devrait favoriser la confiance et la reprise de l’activité, tandis que les sous-performances du tourisme et du secteur des services en général constituent un facteur de baisse des perspectives économiques.

Selon plusieurs observateurs, le secteur du tourisme connaîtra, en effet, une saison 2021 morose. Le secteur demeurera affecté par la crise en 2021, après que les recettes brutes du tourisme se soient effondrées de 70% d’une année sur l’autre sur la période avril-décembre de l’année dernière.

De même, si les exportations des phosphates et automobiles ont enregistré de bonnes performances en janvier-février 2021, certains secteurs restent à la traîne, comme le textile et l’aéronautique. Résultat : les recettes globales du compte courant resteront inférieures à leur niveau de 2019 en 2021 et 2022

Par ailleurs, même si le pays affiche une stabilité macroéconomique reflétée par une inflation et une volatilité du PIB relativement faibles avant la pandémie, il continue à afficher des indicateurs de développement et de gouvernance faibles. Notamment une dette publique élevée, des déficits budgétaires et du compte courant plus importants que ceux de ses pairs. Les mesures de confinement liées à Covid-19 et la baisse de la demande mondiale ont provoqué une forte baisse des revenus tandis que les dépenses courantes ont augmenté pour atténuer l’impact sanitaire de la crise et amortir l’impact financier sur les ménages et les entreprises » expliquent-ils.

L’impact de la crise du coronavirus, notamment, sur les ménages, est celui qui suscite le plus d’inquiétudes, car les effets de la crise se font sentir directement sur le marché du travail. Marché du travail où règnent le chômage et l’inactivité qui affichent une hausse, particulièrement parmi les femmes et les jeunes.

En effet, au premier trimestre 2021, le volume de l’emploi a baissé, selon le HCP, de 202.000 postes par rapport à la même période de 2020, suite à une perte de 258.000 postes en milieu rural contre une création de 56.000 en milieu urbain. Par type d’emploi, 185.000 emplois non rémunérés ont été perdus, résultat d’une perte de 178.000 en milieu rural et de 7.000 en milieu urbain. L’emploi rémunéré a régressé de 16.000 postes, conséquence d’une perte de 80.000 en zones rurales et d’une création de 64.000 emplois en zones urbaines.

Cette baisse affecte plus fortement certains secteurs comme ceux de l’agriculture forêt et pêche et de l’industrie. Seuls les secteurs des services et des BTP arrivent à tirer leur épingle du jeu.