L'économie nationale dans la tourmente


Ahmed Lahlimi


Chute de la croissance, baisse importante de la demande intérieure et campagne agricole désastreuse, l’économie marocaine aura connu une année 2022 pour le moins difficile. Le HCP en donne un aperçu statistique quasi-exhaustif.

C’est un tableau pour le moins sombre de l’économie nationale qu’a dressé le Haut-commissariat au Plan pour l’année 2022. Dans un rapport au vitriol, rendu public lundi 5 juin 2023, l’institution publique, dirigée depuis vingt ans par Ahmed Lahlimi, fait état d’une économie marocaine en chute libre avec des indicateurs qui s’inscrivent dans une tendance de baisse.

Le taux de croissance est ainsi passé à 1,2% en 2022 après avoir atteint un niveau honorable de 8% en 2021. Alors que les activités non agricoles ont affiché une augmentation de 3%, celles du secteur agricole, elles, ont connu une baisse de 13%. Normal, la sécheresse de l’année dernière, couplée à la faiblesse des pluies pendant les premiers mois de l’année 2023, a énormément impacté ce secteur vulnérable.

C’est pour cela que la valeur ajoutée de ce secteur s’est contractée de 12,7% après avoir enregistré un accroissement de 19% l’année dernière. Bien que l’agriculture ne représente qu’environ 20% du PIB, il n’en demeure pas moins qu’elle exerce un impact très significatif sur l’économie marocaine et notamment sur l’industrie qui a connu un ralentissement de son taux d’accroissement passant de 7% en 2021 à seulement 1,7% en 2022.


Même tendance baissière pour l’activité commerciale qui a, en revanche, réussi à maitriser sa chute en perdant seulement 0,4% en passant de 5,8% en 2021 à 5,4% en 2022. Si le Produit intérieur brut a rebondi statistiquement de 4,3%, c’est en grande partie à cause de la hausse générale des prix qui a marqué l’économie marocaine pendant la période post-Covid.

Tendance baissière
Autre indicateur en chute libre : la demande intérieure qui a baissé de 1,5% alors qu’elle avait enregistré une hausse importante de 9% en 2021, contribuant, ainsi, négativement à la croissance économique nationale de 1,7 point au lieu d’une contribution positive de 9,5 points une année auparavant. Quant au revenu national brut disponible, il a connu une croissance en net ralentissement passant de 11,5% en 2021 à 5,4% en 2022.

Avec un niveau d’investissement brut représentant plus de 30% du PIB, le besoin de financement de l’économie nationale s’est aggravé passant de 2,3% du PIB en 2021 à 3,5% en 2022. Un indicateur qui en dit long sur le niveau de la dette publique qui a atteint des niveaux stratosphériques durant les dernières années.

Contractée auprès d’institutions financières d’envergure comme le FMI et la Banque mondiale comme auprès des banques étrangères ou encore sous forme d’emprunts obligataires sur les marchés internationaux, la dette publique constitue, depuis quelques années déjà, un véritable goulot d’étranglement qui pourrait avoir des conséquences dramatiques sur l’économie nationale.

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