L'économie marocaine demeure dépendante de l'étranger

Le déficit commercial se creuse à plus de 151 milliards de dirhams à fin septembre 2021

Si les exportations ont pu réaliser des performances significatives, à fin septembre 2021, malgré un contexte économique international fragilisé par la pandémie, la hausse des importations a escamoté ces performances et a provoqué un déficit commercial en hausse de 25%.

Le Maroc dépend toujours du marché international pour approvisionner son économie. C’est ce qui ressort des derniers chiffres rendus publics, mardi 2 novembre 2021, par l’Office des changes, selon lesquels le déficit commercial s’est creusé à plus de 151 milliards de dirhams durant les neuf premiers mois de cette année, soit une hausse de plus de 25% par rapport à la même période de l’année dernière.

Ce déficit résulte naturellement d’une augmentation des importations plus importante que celle des exportations. Cette hausse du déficit commercial conduit ainsi à un taux de couverture qui se situe à 60%. Par rapport à fin septembre 2019, période avant la crise liée à la pandémie du nouveau coronavirus, les exportations ont progressé de 8,7%, alors que les importations ont affiché une hausse de 4,2%. Ces statistiques font également ressortir que l’accroissement des importations de marchandises fait suite à l’augmentation des achats de l’intégralité des groupes de produits, principalement, des produits finis de consommation (24,88 milliards de dirhams), des demi-produits (16,44 milliards de dirhams) et des produits énergétiques (13,86 milliards de dirhams).

La hausse des importations des produits finis de consommation (37,3%) est due principalement à l’augmentation des achats des voitures de tourisme pour 5 milliards de dirhams, ceux des parties et pièces pour voitures de tourisme pour 4,5 milliards de dirhams et ceux des médicaments et autres produits pharmaceutiques pour 3,85 milliards de dirhams, attribuable aux achats de vaccins anti-Covid-19. Ainsi, la part des achats des produits finis de consommation dans le total des importations passe de 21,5% à fin septembre 2020 à 23,9% à fin septembre 2021.

Produits finis de consommation
De son côté, la facture énergétique a augmenté de 36,8%. Cette évolution est due à la hausse des approvisionnements en gas-oils et fuel-oils tributaire de l’accroissement des prix de 27,6%, conjugué à l’élévation des quantités importées de 10%. Ces importations à fin septembre 2021 demeurent, toutefois, inférieures à celles affichées durant la même période entre 2017 et 2019.

Pour ce qui est des exportations, leur accroissement concerne la totalité des secteurs, à savoir les phosphates et dérivés (44,6%), les autres extractions minières (46,5%), l’électronique et l’électricité (33,3%), le textile et cuir (20%), l’automobile (16,4%), l’aéronautique (10,4%) et l’agriculture et agroalimentaire (10%). Ainsi, malgré un contexte international fragilisé par la pandémie, les exportations marocaines ont pu réaliser des performances significatives qui permettent de tirer vers le haut l’économie marocaine. Mais le poids des importations, qui ne cesse de s’alourdir au fil des années, accroît pour ainsi dire la dépendance de notre pays vis-à-vis de l’étranger.