L’ÉCONOMIE MAROCAINE AU CREUX DE LA VAGUE

LE HCP ÉVALUE LA CRISE AU MAROC

Avec une décroissance prévue en 2020 de l’ordre de 5,8%, selon les pronostics du Haut Commissariat au Plan, la récession économique au Maroc est décrite comme profonde. Mais des lueurs d’espoir se profilent en 2021 avec une reprise attendue des indicateurs économiques.

Comme toutes les économies du monde, l’économie marocaine a été frappée de plein fouet par la crise du Covid-19. La crise économique qui en a résulté est, sans aucun doute, l’une des pires durant ces cinquante dernières années au point de parler non d’une simple crise mais d’une récession. Un terme qui renvoie à une situation catastrophique difficile à combattre en raison de sa gravité et de sa profondeur. Selon les derniers pronostics du Haut Commissariat au Plan, l’économie marocaine va connaître une décroissance de 5,8% en 2020.

L’effet de la crise du Covid-19 est naturellement considéré comme l’élément déclencheur; mais il y a aussi la sécheresse, qui a été d’une extrême violence cette année avec une chute brutale de la récolte céréalière et des réserves en eau qui ont fondu comme neige au soleil. Dans le détail, le secteur primaire, en l’occurrence l’agriculture, dégagerait une valeur ajoutée en repli de 5,7% en 2020 après avoir régressé de 4,6% en 2019, tandis que les activités non agricoles devraient connaître un net recul de 5,3% en 2020 après une hausse de 3,7% l’année précédente.

Des dépenses supplémentaires
Pour le secteur secondaire, il devrait enregistrer un repli de près de 6,9% en 2020 après une hausse de 3,6% en 2019. A l’exception des activités des industries chimiques et para- chimiques et du secteur minier, les autres activités secondaires devraient afficher une baisse remarquable de leur valeur ajoutée. Quant aux activités commerciales, elles devraient baisser de 4,5% après une hausse de 3,8% en 2019. Les secteurs du tourisme et du transport, fortement impactés par la fermeture des frontières et les mesures prises pour l’endiguement de la pandémie, seraient les plus touchés. Le taux de chômage devrait atteindre près de 14,8%, soit une hausse de 5,6 points par rapport au niveau enregistré en 2019.

Dans ces conditions, la demande intérieure devrait enregistrer une baisse de 4% en 2020, sa contribution à la croissance serait ainsi négative de 4,4 points au lieu d’une contribution positive de 1,9 point en 2019. Pour sa part, la contribution de la demande extérieure à la croissance serait négative de 1,4 point, après avoir été positive de 0,6 point l’année précédente.

Au niveau des finances publiques, la pandémie du covid-19 et le gel de l’activité économique nationale durant la période de confinement, devraient induire des effets néfastes sur le budget de l’Etat en termes de recettes fiscales. Les mesures prises par le gouvernement pour limiter la propagation du virus, devraient engendrer des dépenses supplémentaires aux charges ordinaires. En conséquence, le déficit budgétaire devrait s’accentuer en 2020 pour atteindre près de 7,4% du PIB, dépassant largement le niveau atteint en moyenne annuelle entre les années 2011 et 2013, soit 6,1% du PIB.

Pour couvrir ces besoins, le Maroc va avoir recours aux emprunts extérieurs, dépassant le plafond des financements extérieurs fixé par la loi des finances 2020 à 31 milliards de dirhams. Ces conditions devraient porter l’encours de l’endettement global du trésor à 74,4% du PIB en 2020. La dette publique globale dépasserait, pour sa part, le seuil de 90% du PIB, en hausse de près de dix points par rapport à 2019.


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