L'économie frôle la faillite, la stabilité sociale menacée

HYPERINFLATION EN ALGÉRIE

Conséquence d’une politique de rente dont profitent la junte militaire et ses protégés, l’économie algérienne se dirige vers une faillite certaine. Ce qui fait planer le spectre d’une escalade inouïe des manifestations. Le ras-le-bol est général.

C’est une année noire sur tous les plans en Algérie. A l’instabilité politique et sociale engendrée par les manifestations diligentées par le mouvement de protestation Hirak depuis un an et demi -contestant même la légitimité de la présidence et demandant le départ des symboles de l’ancien régime- se greffe désormais une morosité économique jamais égalée qui se traduit par une dépréciation vertigineuse de la valeur du dinar et qui fait projeter des perspectives bouchées pour le pays dans les années à venir.

Une morosité qui n’était pas calculée par la junte militaire et leur protégé porté à la présidence, Abdelmajid Tebboune, puisque non seulement ils ont été privés des pétrodollars habituels, mais ils ont également vu leur marge de manoeuvre se rétrécir depuis fin 2019 avec la baisse des cours du pétrole brut. Une chute qui s’est accentuée depuis l’apparition de la pandémie. Ce constat démotive davantage les investisseurs étrangers, déjà méfiants face à l’instabilité politique du pays et dont la santé financière est critique. Cela s’est répercuté sur la demande extérieure, qui a grandement baissé. Cette situation de rigueur budgétaire n’incite pas les investisseurs à mettre leurs billes en Algérie. La résultante de cette conjecture très difficile, et surtout imprévisible, est que le dinar algérien a été dévalorisé face aux principales devises étrangères et particulièrement l’euro et le dollar.

Une dévalorisation historique
La monnaie européenne reprend de la valeur face au dinar algérien et se hisse à la barre des 200 dinars pour un euro sur le marché parallèle (noir) et 145,9 dinars pour le change officiel. Par rapport au dirham, le dinar algérien vaut sur les marchés officiels 0,075 dirham, et sur le marché noir (véritable thermomètre de l’économie algérienne) 0,019 dirham! Cette dévalorisation historique révèle l’état de santé réel de l’économie algérienne, qui s’essouffle dans ce contexte de crise.

Il ne faut pas omettre que cette dépréciation est aussi le résultat de l’impact brutal de la chute des prix du pétrole et de la baisse du budget du fonctionnement de l’Etat (notamment les marchés publics), qui oblige les opérateurs économiques à passer par le marché informel pour se doter de la devise nécessaire au fonctionnement de leurs affaires. Les devises du pays sont ponctionnées. Leur rareté précipite la chute du dinar. Elle favorise par conséquent la fuite des capitaux et impacte l’équilibre entre l’offre et la demande sur le marché noir, engendrant ainsi la flambée des devises, notamment l’euro. Une flambée que le gouvernement tente en vain de juguler en reportant la réouverture des frontières et en interdisant les voyages qui accentuent la demande sur les devises.

Sous un autre angle, le gouvernement algérien tolère la dévalorisation du dinar afin de juguler les déficits budgétaires, omettant les conséquences à court et moyen termes sur l’économie et la confiance étrangère. Mais comme on ne peut pas tout maîtriser, cette situation engendre une hyperinflation des prix. Et face à la stagnation des salaires et des revenus, l’instabilité politique et sociale menace plus que jamais. Le pouvoir d’achat des Algériens se réduit comme une peau de chagrin. Ainsi donc, leur ras-le-bol général, et par rapport à la situation politique et par rapport à la conjoncture économique, s’exacerbe. L’Algérie s’embrase.


2 commentaires

  • alain

    19 Juin 2020

    C est l habitude de plusieurs responsables qui n ont aucune valeur spirituelle ni divine contre leurs employés

  • Nasser

    22 Juin 2020

    l'Algérie s'embrase. On confirme. Mais que fait le Maroc ? Pourquoi n'intervient il pas? Pourquoi il ne bombarde pas l'armée algérienne et ne libère pas le peuple algérien ? Les Algériens attendent de pareils gestes du sultan. Nous sommes impatients qu'ils viennent nous délivrer. Parce que écrire des articles comme celui là tous vos journaux ne font que ça. Non. On veut que vous veniez. Une grande puissance comme le Maroc qui aide toute l'Afrique a des responsabilités vis a vis de ses voisins. Vite. Au secours.

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