Economie: voici comment Bloomberg analyse le positionnement du Maroc


La polarisation économique et géopolitique du monde ne laisse que très peu de marges de manoeuvres aux pays en voie de développement, souvent obligés de s'aligner sur les désidératas de la Chine, de la Russie ou des Etats-Unis. Seulement, dans ce magma que représentent aujourd'hui les relations internationales, le Maroc a un positionnement particulier. C'est en tout cas ce qui ressort de l'analyse de l'agence américaine Bloomberg dans son édition du jeudi 22 juin. 

La publication new-yorkaise indique ainsi que "malgré la pandémie de Covid-19, la montée des tensions américano-chinoises et l'invasion de l'Ukraine par la Russie, la mondialisation n'est pas morte". Elle donne pour exemple la zone industrielle de Tanger qui abrite "la plus grande usine d'assemblage de voitures d'Afrique et est alimenté par des investissements d'entreprises d'Europe, du Moyen-Orient, de Chine, du Japon et des États-Unis". 

"Le roi Mohammed VI du Maroc a conçu le projet du port Tanger Med il y a 20 ans dans ce qui semble être une époque révolue. La Chine venait de rejoindre le libre-échange international et le Maroc négociait un accord de libre-échange avec les États-Unis (...) l'idée était que le Maroc serait assis au carrefour d'un monde pacifique grouillant d'échanges et de flux de capitaux. Les investissements étrangers ont afflué, les industries automobile et aérospatiale ont pris racine, employant des dizaines de milliers de jeunes Marocains, et les écoles d'ingénieurs locales ont prospéré". 

Et même si le Maroc est considéré comme un pays allié de l'occident (Europe et Etats-Unis), en matière sécuritaire et militaire, il n'en demeure pas moins une destination privilégiés des investissements chinois. Bloomberg cite ainsi Huawei et ZTE – deux géants de la technologie sanctionnés par les États-Unis pour des raisons de risque pour la sécurité nationale – qui investissent de manière accrue et recrutent de manière agressive . Parmi les nouveaux opérateurs du cluster automobile figure le producteur de câbles à fibres optiques ZTT Group, un acteur majeur du grand plan de Pékin visant à sillonner la planète avec des infrastructures. 

"Le Maroc marche sur une corde raide diplomatique sur laquelle de nombreux pays à revenu intermédiaire dans un monde de plus en plus polarisé, de l'Afrique du Sud au Brésil, ont du mal à naviguer", peut-on ainsi lire dans l'analyse. 

 

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