Le E-commerce connait un essor spectaculaire

CNUCED: le covid-19 dope le commerce en ligne mais pas dans tous les secteurs

La Cnuced souligne la nécessité pour les pays en développement, de disposer de telles informations sur le commerce en ligne alors qu’ils reconstruisent leurs économies à la suite de la pandémie de Covid-19.

Les mesures de restrictions liées au Covid-19 ont dopé l’e-commerce l’an dernier mais la pandémie n’a pas fait que des heureux parmi les sociétés de commerce en ligne, selon des estimations de l’ONU publiées lundi 3 avril 2921. Dans un rapport, la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) observe que le secteur a enregistré un «essor spectaculaire» dans un contexte de restrictions de mouvement, alors que la pandémie a mis à terre des pans entiers de l’économie.

Des effets négatifs sur les services de covoiturage et de voyages ont toutefois été relevés, a ajouté l’institution qui se fonde sur les statistiques de sept pays (Australie, Canada, Chine, Corée du Sud, Singapour, Royaume-Uni et États-Unis) représentant près des deux tiers des ventes en ligne d’entreprise à consommateur (appelées B2C)

Les données relatives à ces pays montrent que les ventes au détail en ligne ont progressé de 22,4% l’an dernier, pour atteindre 2.495 milliards de dollars, alors qu’elles avaient augmenté de 15,1% entre 2018- 2019. «Entre 2018 et 2019, la part des ventes au détail en ligne a augmenté de 1,7 point de pourcentage, tandis qu’entre 2019 et 2020, elle a augmenté de 3,6 points de pourcentage.

Cette progression est plus de deux fois plus rapide», a encore expliqué l’auteur du rapport, Torbjorn Fredriksson, à l’AFP. Les évolutions sont toutefois contrastées selon les pays, avec un bond des ventes au détail en ligne de 59% en Australie, de 46,7% au Royaume-Uni et de 32,4% aux États-Unis, contre +14,6% en Chine.

Un renversement notable
La Cnuced ne dispose pas encore de données mondiales pour 2020, mais des études suggèrent une forte croissance du commerce en ligne d’autres régions, a expliqué M. Fredriksson. Ainsi, a-t-il dit, le géant latino-américain du commerce en ligne Mercado Libre «a enregistré une augmentation de 40% en moyenne des recherches effectuées par chaque utilisateur sur l’ensemble de ses activités de l’Amérique latine entre fin février et fin mai 2020».

Et Jumia, géant du secteur en Afrique, a enregistré une augmentation de plus de 50% du volume des transactions au cours des six premiers mois de 2020, par rapport à la même période en 2019, a cité l’expert.

En 2019, les statistiques mondiales montrent que les ventes mondiales de commerce électronique ont bondi à près de 26.700 milliards de dollars, en hausse de 4% par rapport à 2018. Ce chiffre comprend les ventes d’entreprise à entreprise (B2B), qui représentent la très grande majorité (82%) du commerce électronique, et d’entreprise à consommateur (B2C), et équivaut à 30% du produit intérieur brut (PIB) mondial cette année-là, selon le rapport.

Mais les données relatives aux 13 principales entreprises de commerce en ligne, dont 10 sont originaires de Chine et des États-Unis, révèlent que la pandémie a provoqué «un renversement notable de la situation pour les plateformes offrant des services tels que le covoiturage et les voyages», constate aussi la Cnuced.

Malgré la réduction du volume brut des marchandises (VGM) des sociétés de services, la VGM totale des 13 premières sociétés de commerce électronique B2C a augmenté de 20,5 % en 2020, soit plus qu’en 2019 (17,9 %). Les gains ont été particulièrement importants pour Shopify et Walmart, relève la Cnuced.