L'e-commerce ne remplace pas les boutiques physiques

PRÊT-À-PORTER ET PANDÉMIE

Au Maroc, où la vente de prêt-à-porter se fait directement en magasin, la crise sanitaire a créé une prise de conscience chez les marques.

Les chaînes internationales de prêtà- porter ayant développé dans la plupart des autres pays du monde leur site de vente en ligne, ont volontairement mis de côté cette option au Maroc, pensant que le consommateur marocain n’était pas encore préparé à ce mode de vente, pourtant, avec le confinement, la demande d’achat en ligne s’est révélée importante et elle a surtout profité aux petites structures qui avaient déjà commencé par la vente en ligne. Malgré des délais de livraison trop importants, de nombreux problèmes rencontrés au niveau des réclamations et du service après-vente, certaines marques internationales ont vu leurs stocks être dévalisés par une certaine frange de la population gagnée par le “revenge shopping”, cette tendance de surconsommation quasi-thérapeutique après avoir été incapable de faire son shopping normalement à cause des restrictions dues au coronavirus.

Interrogé sur la possibilité de développer cette option de vente pour les franchises au Maroc, Ahmed Naciri, directeur marketing d’une chaîne de magasins de prêt-à-porter, s’est montré peu enthousiaste et sceptique à l’idée affirmant que le secteur n’était pas encore bien rôdé. Les essais et les tests ponctuels menés durant cette période de confinement n’auraient pas porté leurs fruits selon cet entrepreneur qui a estimé que ces ventes représentaient “moins de 1%, pratiquement pas de chiffre d’affaire”.

Selon notre interlocuteur, le secteur de l’habillement organisé, à savoir les franchises, n’était pas préparé à devoir fermer et à devoir trouver d’autres alternatives, mais cet épisode a permis d’accélérer les démarches pour la création de sites e-commerce afin de pouvoir bénéficier de quelques ventes à travers ce canal. “Les marques ont accéléré les démarches pour ne plus être dépendantes de la vente au détail”, explique notre interlocuteur.

Chiffre d’affaire
Toutefois, il a indiqué qu’il faudra patienter quelques années avant que ce mode de vente ne soit rentable et qu’il représente une partie significative du chiffre d’affaires. “Contrairement à ce que l’on peut croire, le client n’est pas encore complètement prêt et nous aussi on n’est pas encore prêts, c’est les deux”, a-til justifié en expliquant que l’habillement est différent des autres secteurs puisque le client doit essayer les vêtements. Et d’ajouter, “ceux qui achètent sur internet représentent un microcosme, on a l’impression qu’ils sont nombreux parce que c’est des gens autour de nous mais ils ne sont pas représentatifs.

Nous, on parle de millions de visiteurs qui viennent chez nous dans les magasins”, a-t-il poursuivi donnant pour exemple 100.000 visiteurs par jour dans les magasins qui ont pignon sur rue et quelque 3 millions comme moyenne annuelle. Au moment où la vente par internet commence à devenir une nécessité pour certaines enseignes pour éviter un nouveau scénario de fermeture de magasins, les entrepreneurs restent pragmatiques face à la réalité du marché marocain, mais espèrent toutefois que les conditions soient plus favorables.