LES ÉCOLES PRIVÉES REFUSENT LA NÉGOCIATION

LE COMBAT DES PARENTS D’ÉLÈVES EST LOIN D’ÊTRE FINI

Le conflit opposant les écoles privées aux parents d’élèves suite à l’arrêt des cours lors du confinement dû au coronavirus n’en finit plus. Si les premiers souhaitent toujours le règlement de la totalité des mensualités, les seconds demandent un compromis juste et équitable.

La tension entre parents et écoles privées dure depuis trop longtemps. Dans toutes les grandes villes du Royaume, des sit-in de parents d’élèves s’organisent devant ces établissements afin de demander une solution quant aux paiements des mensualités. Le dossier semble très loin d’aboutir aura même atterri devant la justice, qui ne s’est toujours pas prononcée dans ce conflit.

Des centaines de parents d’élèves manifestent ces derniers jours devant des écoles privées de Casablanca à Marrakech en passant par Fès ou Rabat. Certains ont expliqué que la crise a lourdement impacté leurs revenus et ne peuvent donc pas s’acquitter de ces frais exigés par l’école. D’autres se disent prêts à payer 50% des frais. «Je n’ai plus aucun revenu à cause de la crise. L’école devait penser aux parents qui sont dans la même situation et les dispenser des frais. Où est le sens du patriotisme? J’appelle le ministère à intervenir. C’est une crise mondiale. Personne n’a été épargné», a déploré un parent. Mais en général, les directeurs et directrices refusent de recevoir leurs représentants «sans légitimité», s’insurge un père en brandissant une lettre/pétition signée par une centaine de parents. «Ces signatures nous donnent le droit de négocier avec l’école. Ils n’ont pas le droit de refuser toute négociation avec nous», rajoute un mère de famille.

Une «prestation non honorée»
Dans cette histoire, tout tourne autour des frais de scolarité, la Fédération Nationale des Associations de Parents d’élèves au Maroc (FNAPEM) propose de «couper la poire en deux», autrement dit, que chacune des parties supporte une part du manque à gagner. «Une exonération totale pour le préscolaire, une réduction de 30 à 50% pour les niveaux primaire, collégial et secondaire jusqu’à la 1ère bac, 50% pour le bac, et une exonération totale pour le mois de juin, outre une exonération pour les parents d’élèves en arrêt de travail pour cause de crise sanitaire, ou ceux impactés par le confinement, pourrait être un bon compromis», expliquait Ali Fanash, vice-président de la FNAPEM.

Les établissements privés espéraient bénéficier d’une subvention du soutien du Fonds spécial Covid-19. Ils comptaient sur les protestations de ces parents et leurs réactions sur les réseaux sociaux contre le maintien à 100% des frais de scolarité, en tenant en otage et les parents et l’État pour atténuer leur éventuelles pertes. Or, les parents ont jugé que les établissements n’étaient pas en droit de réclamer un paiement pour «prestation non honorée», la Fédération, estimant même que l’enseignement à distance n’ayant pas été à la hauteur des attentes, a donc décidé de s’en remettre à la Justice. Et là ne sont pas les seuls reproches.

Mais les établissements campent toujours sur leurs positions et refusent bien souvent un compromis avec les parents d’élèves. La Fédération marocaine de l’enseignement et de la formation privés (FMEFP) et l’Alliance de l’enseignement privé au Maroc annoncent une grève nationale, d’avertissement, le mardi 30 juin. Les deux organisations, comptant plus de 2.500 établissements, ont pris la décision suite à une réunion organisée la semaine dernière à Marrakech. Les représentants du secteur dénoncent le manque de soutien de l’État aux écoles privées qui vivent leur pire crise financière, et craignent des faillites en cascade d’ici la prochaine rentrée. Ils pointent, également, du doigt leur manque d’implication dans la mise en application de la loi-cadre pour l’enseignement, sur laquelle travaille actuellement le ministère de l’Éducation nationale.


1 commentaire

  • Ahnou

    25 Juin 2020

    On ne négocie pas avec les mauvais payeurs.Ils se comptent parmi les plus riches et les fonctionnaires qui ont perçu la totalité de leur salaire.Au fait pourquoi,personne ne veut enquêter sur ces parents-d'élèves pour déterminer la proportion des gens lésés parmi eux?On sera bien surpris si une telle investigation se fait.