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Quand l’école de qualité fait défaut

Le décrochage scolaire déjà préoccupant

L’école marocaine ne peut prétendre sérieusement prendre le chemin de la qualité tant qu’elle laissera se développer en son sein un ensemble de fractures. Aussi bien sociales que territoriales. Sans oublier les nombreux décalages entre l’enseignement public et l’enseignement privé aussi bien en termes d’infrastructures éducatives qu’en termes de fonctionnement pédagogique.

Le système éducatif marocain a, en effet, laissé se développer un ensemble de fractures préoccupantes tant au niveau des établissements des centre-villes et ceux des espaces périphériques et autres bidonvilles, entre des élèves favorisés socialement et des élèves en situation d’exclusion sociale et scolaire, entre l’enseignement général et l’enseignement professionnel, entre les lycées qui préparent au baccalauréat et les lycées privés qui préparent aux classes préparatoires…. Résultat: notre système «produit» -mais ce verbe devrait être interdit s’agissant de la formation de personnes et non de la fabrication d’objets- d’excellents élèves que de prestigieuses écoles et universités étrangères se disputent, d’une part, et, d’autre part, des élèves en très grande difficulté, maîtrisant très peu l’expression écrite, aussi bien en arabe qu’en français, incapables d’attention, de planification, d’anticipation, qui peinent à accéder à la moindre formation.

Les parents, bien sûr, sont conscients de ce phénomène. Et avec la montée de l’individualisme social, ils cherchent logiquement à donner à leurs enfants les meilleures chances: d’où le développement du «consumérisme» scolaire. Et les risques graves d’une concurrence, ouverte ou larvée, entre les établissements, ainsi, que la mise en place des mécanismes de sélection qui accroissent les écarts entre les établissements objets de toutes les convoitises et ceux qui devront se résigner à n’accueillir que les exclus.

Aussi, l’une de ses caractéristiques de notre système éducatif est d’être très hétérogène et inégalitaire, comme l’ont établi tant de rapports sur la question. Et malgré le fait que les ressources financières allouées au ministère de l’Éducation nationale aient considérablement évolué lors des deux dernières décennies, les résultats demeurent en deçà des ambitions. Aussi, selon les responsables même du gouvernement, les centaines de milliards de dirhams, engloutis dans le système éducatif et d’apprentissage, n’ont malheureusement rien changé à cette situation dramatique.

Et ce, d’autant plus que subsiste un énorme décalage entre les budgets déployés et le faible niveau de rendement. Faiblesse de rendement que révèle le décrochage scolaire déjà préoccupant avec quelque 331.000 enfants ayant quitté le système scolaire au titre de l’année scolaire 2020-2021. De plus, les fermetures d’écoles affectent de manière disproportionnée les élèves les plus défavorisés, qui ne disposent pas des outils numériques leur permettant de bénéficier de l’enseignement à distance, comme l’ont relevé plusieurs intervenants lors de la deuxième édition des Assises nationales du développement humain, qui a eu lieu dernièrement à Skhirate autour du thème «La qualité des apprentissages, clé du développement humain»

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