Une école privée à Tanger exige 620 000 dirhams pour l'inscription d'une fille

OÙ EST LE DROIT À LA SCOLARITÉ?

Alors qu’elle est obligée d’inscrire l’élève Khadija El Younoussi, selon un jugement rendu par le tribunal administratif de Tanger, l’école privée Keltoum propose de le faire au prix astronomique et indécent de 620.000 dirhams.

Situation surréaliste que celle vécue par les parents de la petite Khadija El Younoussi à Tanger. L’école privée Keltoum, dans laquelle elle devait s’inscrire en grande section, envoie aux parents un courrier pour le moins hallucinant où il leur est demandé de payer la somme de 620.000 dirhams pour l’inscription de leur fille. Une somme forte, injustifiable et irréaliste.

Les explications avancées dans le courrier témoignent de l’arrogance et l’abus de pouvoir de la direction de l’école qui veut visiblement, par tous les moyens, empêcher cette inscription indésirable. Or, après le refus catégorique de la direction de l’école d’inscrire cette fille, les parents de celle-ci ont eu recours à la justice. Le tribunal administratif de Tanger a, en effet, rendu son verdict obligeant l’école à inscrire la fille.

Atteinte à un verdict de justice
Mais la direction trouve un stratagème pour rendre difficile cette inscription. Expliquant avoir atteint la capacité de la classe, selon le protocole sanitaire imposé par le ministère de l’éducation nationale, l’école affirme que pour inscrire Khadija El Younoussi, elle devrait créer une nouvelle classe qui lui sera exclusivement dédiée.

Un acte qui coutera, selon les dires de la direction de l’école, la somme de 620.000 dirhams qui sera facturée entièrement aux parents de Khadija. Pourquoi facturer toute cette somme à une seule élève? Pourquoi créer une nouvelle classe alors qu’elle peut parfaitement s’insérer dans la classe déjà constituée? En quoi une élève de trop par rapport à la capacité de la classe pourrait-elle perturber le protocole sanitaire? Autant de questions que nous avons voulu poser au directeur de l’école, Oussama Alaoui, pour qu’il nous explique sa position, mais il est malheureusement resté injoignable.

La proposition indécente et irresponsable de l’école a bouleversé les internautes, qui se disent scandalisés par un tel acte qui montre encore une fois la cupidité des écoles privées et leur objectif porté essentiellement sur l’argent. Aussi, par son énormité, cet acte constitue une grave atteinte aux verdicts de la justice.

On se demande alors pourquoi la décision judiciaire rendue en faveur de la jeune fille n’a pas été respectée? Khadija El Younoussi n’est-elle en droit de choisir l’école où elle souhaite être scolarisée? L’école de Tanger n’est certainement pas la seule à refuser des élèves, d’autres écoles privées sont farouchement critiquées pour leur refus d’accorder les certificats de départ aux élèves. Cela montre la grande anarchie qui règne dans ce secteur de l’enseignement privé et l’urgence pour l’Etat de procéder à sa réglementation pour empêcher les abus.


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