Ascenseur social es-tu là ?

L’ÉCOLE SEMBLE MOINS JOUER QUE PAR LE PASSÉ LE RÔLE D’ASCENSEUR SOCIAL

Malgré les dépenses budgétaires dédiées à l’éducation qui placent le Maroc parmi les pays qui consacrent à l’instruction de leurs jeunes une part importante du PIB (soit 6,5%,) tous les efforts consentis par les gouvernements respectifs sur le plan de l’éducation ne se sont pas traduits par une performance du système éducatif. De ce fait, ils n’ont non seulement pas accéléré la dynamique de la productivité ni assuré une croissance suffisante et soutenue de l’économie, mais l’échec global du système éducatif et les inégalités qui l’accompagnent plombent plus que jamais les chances de réalisation d’un progrès social harmonieux.

Ainsi, le manque d’un meilleur investissement dans l’éducation et la faible qualité de celleci, induisent des insuffisances en matière d’acquis des élèves -tant au niveau du primaire que du collège que des capacités de compréhension ou en mathématiques-. Ces insuffisances conduisent à une mauvaise insertion sur le marché du travail qui discrédite à son tour aux yeux de la société le système éducatif puisqu’elle donne aux individus l’impression que l’investissement en éducation est sans intérêt du moment qu’il ne se traduit pas par des effets tangibles et du moment qu’il assure de moins en moins les chances de la mobilité sociale.

Il est révolu le temps ou le diplôme pouvait permettre une insertion plus prometteuse sur le marché du travail. De plus aussi bien les femmes que les ruraux ont moins de chance que les hommes ou les urbains de connaitre une mobilité scolaire et sociale ascendante. La raison viendrait, pour le cas des femmes, du partage des tâches au sein des ménages qui confinent davantage les filles aux travaux domestiques ou encore au mariage précoce des filles. D’autre part, pour le cas des ruraux, cela tiendrait à l’insuffisance des infrastructures en milieu rural, comparées à celles qui prévalent en ville.

Par ailleurs, plusieurs études ont montré que les ménages les plus riches disposent davantage de moyens et peuvent donc mieux supporter les coûts de scolarisation de leurs enfants. A coté de ce capital économique vient ce que les chercheurs appellent « l’héritage culturel ». En effet, selon ces études il existe une relation entre le capital culturel transmissible d’une génération à une autre et la réussite scolaire, d’abord, puis la montée dans l’ascenseur social, ensuite. Aussi, les enfants issus de familles aisées acquièrent auprès de leurs parents un capital culturel et un ensemble d’habitudes et de comportements qui favorisent leur réussite scolaire et dans la vie, notamment par rapport aux enfants issus des classes moyennes et démunies.

Suite à ces conclusions, certains chercheurs universitaires ont préconisé, notamment, que pour accroitre les chances des plus pauvres de réaliser une mobilité scolaire réussie, il importe de pallier les lacunes inhérentes à la défaillance de leur héritage culturel, en organisant, par exemple, des mécanismes d’appuis scolaires aux enfants des milieux démunis.

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