Échéances électorales: Abdelouafi Laftit rassure

Non, les autorités se tiendront bien au calendrier électoral, et point de sortie de la voie constitutionnelle tracée en 2011. Le ministre de l’Intérieur l’a assuré aux chefs de partis.

Point donc d’annulation des prochaines échéances électorales, comme l’avancent (et y appellent) depuis plusieurs semaines certaines parties, au prétexte que la pandémie de Covid-19 qui frappe actuellement le Maroc en empêcherait le bon déroulement. Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, s’y est engagé ce 8 juillet 2020 vis-à-vis des chefs des partis représentés au parlement, au cours d’une réunion tenue au siège de son département au quartier administratif de Rabat et qui a également connu la présence du ministre délégué à l’Intérieur, Noureddine Boutayeb.

Selon ce qu’a rapporté un communiqué relayé par l’agence MAP (Maghreb arabe presse), M. Laftit a indiqué que ses équipes “oeuvrer[ont] pour la réussite de l’ensemble des étapes du processus électoral et réaliser[ont] l’ensemble des tâches qui leur sont assignées avec sérieux et responsabilité”. Il a même demandé, poursuit la même source, aux chefs de partis présents de lui soumettre “leurs propositions en vue de préparer une base préliminaire des changements éventuels pouvant être apportés au système électoral”; ce qui, pour le moins, a le mérite d’être clair.

Et qui, surtout, met fin aux prises de positions récentes, notamment sur les médias sociaux, en faveur d’une mise à l’arrêt de la dynamique constitutionnelle en cours depuis l’adoption de la loi fondamentale en vigueur le 1er juillet 2011 et l’installation d’un gouvernement technocrate en lieu et place de celui que dirige actuellement le Parti de la justice et du développement (PJD) en la personne de Saâd Eddine El Othmani. Ce dernier avait d’ailleurs vivement réagi, le 25 mai, par le biais d’un communiqué de son secrétariat général, tellement le débat avait enflé. Or que la position personnelle du roi Mohammed VI à cet égard est connue et est toujours systématiquement réitérée par lui à chacune de ses interventions publiques.

Le Souverain avait ainsi, dans son discours d’ouverture de la session parlementaire d’automne d’octobre 2018, même “appel[ é] à une augmentation du soutien public accordé aux partis”.

Renforcer la confiance des citoyens
Dans ce sens, M. Laftit a, lors de la rencontre de ce 8 juillet, rappelé que le ministère de l’Intérieur “veill[ait] à assurer et à protéger le multipartisme, conformément aux hautes instructions royales”. Il avait aussi quelques semaines plus tôt, lors du passage qu’il avait effectué le 15 juin à la Chambre des représentants pour répondre aux questions des élus de la première chambre, salué les partis, au même titre par ailleurs que les collectivités territoriales, les syndicats professionnels et les associations de la société civile, pour avoir “veillé à jouer leurs rôles constitutionnels et juridiques en dépit de la spécificité de l’étape [actuelle de Covid-19] et de sa difficulté.”

Reste cependant aux principaux concernés d’être à la hauteur: s’adressant aux chefs de partis, M. Laftit leur a demandé de faire en sorte “de renforcer la confiance des citoyens dans les urnes et dans les institutions représentatives qui en découlent”; ce qui nécessitera de leur part, a ajouté le ministre, de souscrire “aux valeurs démocratiques, à l’éthique des élections et à l’obligation de transparence et de concurrence loyale”. Un voeu qui, bien évidemment, ne devra pas seulement rester pieux.


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