Pas d'eau, pas d'agriculture, pas d'économie

NOTRE SYSTÈME AGRO- ALIMENTAIRE EST PLUS QUE JAMAIS EXPOSÉ AUX CHOCS ET AUX SITUATIONS DE «STRESS HYDRIQUE».

L’alerte a été donnée il y a quelques jours. Comme la plupart des rivières et autres retenues d’eau au Maroc, le fleuve Moulouya se porte mal. Très mal même. Pour la première fois de l’histoire, celle que nous connaissons en tout cas, le cours de ce fleuve est devenu si faible, qu’il n’arrive plus à se jeter dans la Méditerranée près de Saïdia, comme il se doit. Et les premiers touchés par l’assèchement du fleuve dans la région sont les agriculteurs.

Les signes de cet assèchement ont commencé à se manifester il y a cinq ans. Mais, là, ils s’aggravent. Sans le Moulouya, pas d’agriculture, pas d’économie!, se désolent nos fellahs. La faute à la rareté des pluies? Il y a de cela, mais il y a aussi la pression exercée sur le fleuve par les agriculteurs. Face à cette situation, seul le ciel est capable de sauver le fleuve Moulouya, sa faune, sa flore et ceux qui en vivent…. Or, les pluies se font de plus en plus rares et le stress hydrique plane à l’horizon.

Résultat: notre système agroalimentaire est de plus que jamais exposés aux chocs et aux situations de «stress hydrique». Et à l’instar de ce qui se passe ailleurs, notre système agroalimentaire doit se préparer sans tarder à de nouveaux «chocs» dans le futur, comme l’a récemment signalé l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Cela ne peut se faire sans la mise en place d’une politique hydrique proactive et de long-terme, basée sur la planification et les programmes ambitieux et adossée au cadre juridique et institutionnel approprié pour créer les conditions idoines à une gestion durable des ressources hydriques.

Certes, le Maroc dispose d’un nombre important d’installations et de structures hydrauliques, dont 149 grands barrages d’une retenue de plus de 19 milliards m3 et de 9 stations de dessalement de l’eau de mer d’une capacité de 147 millions m3 par an, outre de milliers de puits pour l’exploitation des eaux souterraines. Est-ce suffisant? Rien n’est moins sûr tant que le secteur de l’eau continuera de connaitre certains déficits, tels que mentionnés dans le nouveau modèle de développement. De plus face aux changements climatiques, le gouvernement est ainsi plus que jamais sollicité pour ériger parmi ses priorités le traitement de ces déficits. C’est qui a commencé à se faire, mais timidement, avec le programme national de l’eau. Un programme dont l’exécution nécessitera pas moins de 115 milliards de dirhams.

Par ailleurs, pour ce qui est du monde rural, le Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation doit trouver son rythme de croisière pour permettre, notamment, d’accélérer davantage la cadence de réalisation des projets programmés par les différents intervenants, à leur tête l’Office national de l’électricité et de l’eau potable ainsi que les autres programmes, notamment le programme de réduction des disparités territoriales et sociales.