LE PAS SI DRÔLE DE MANÈGE D'ALGER

L'Algérie rappelle son ambassadeur en Côte d'Ivoire

L’Algérie ne s’accommode plus de sa perte de terrain, qui outre les nouveaux consulats, se traduit plus généralement par un ralliement de plus en plus massif aux thèses marocaines.

Les blagues les plus courtes sont paraît-il les meilleures. Si l’on en juge à partir de ce critère, la prétension par l’Algérie de sa non-implication dans le conflit du Sahara marocain entache non seulement la construction du Grand Maghreb, mais également la réputation humoristique d’un pays qui a pourtant donné Fellag et autres Abdelkader Secteur.

Car alors que le différend autour des provinces du Sud s’apprête à boucler, en novembre 2020, sa quarante-cinquième année, les faux-fuyants algériens ont achevé d’exaspérer la communauté internationale, dont rares sont encore les pays à leur prêter un quelconque crédit, cependant que la voisine de l’Est ne manque jamais de prouver qu’elle est mêlée jusqu’au cou. Voilà, ainsi, que cette dernière vient de rappeler ce 20 février 2020, «pour consultations», son ambassadeur à Yamoussoukro, Mohamed Abdelaziz Bouguetaia, pour la simple et mauvaise raison que la Côte d’Ivoire avait inauguré deux jours plus tôt à Laâyoune un consulat, qui est le septième ouvert au Sahara depuis le 18 décembre 2019 -avaient respectivement précédé le pays ouest-africain les Comores, la Gambie, la Guinée, le Gabon, la République centrafricaine et Sao Tomé-et-Principe. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères algérien a mis en cause des déclarations «sibyllines et insidieuses» à ses yeux, lors de l’inauguration du consulat, du ministre de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Ally Coulibaly.

Il n’en a pas dit plus, mais vérification faite, le responsable ivoirien avait tout juste indiqué, selon ce qu’a rapporté l’agence Maghreb arabe presse (MAP), qu’«en matière de politique étrangère, comme dans d’autres domaines, nous nous gardons de donner des leçons de morale, de même nous n’entendons pas qu’on nous dicte ce que nous devons faire ou ne pas faire» et que «c’est un principe cardinal auquel nous tenons»: très prosaïquement, M. Coulibaly voulait sans doute simplement dire que l’initiative de son pays ne lui avait aucunement été imposée par le Maroc, comme l’avaient allégué les médias pro-algériens au sujet des autres ouvertures de consulat, et qu’elle était purement ivoiro-ivoirienne, et c’est ce qu’il a par ailleurs lui-même souligné en parlant de «décision que nous assumons pleinement parce qu’elle relève de notre souveraineté (et) parce qu’elle est conforme à nos intérêts et nos valeurs».

Il semble en fait que l’Algérie ne s’accommode plus de sa perte de terrain, qui outre les nouveaux consulats, se traduit plus généralement par un ralliement de plus en plus massif aux thèses marocaines. C’est ainsi que trente pays seulement, contre plus du double au milieu des années 1990, reconnaissent encore la pseudo «République arabe sahraouie démocratique» (RASD), que la junte algérienne souhaite imposer au Sahara en lieu et place du Maroc. Dernier Etat à avoir coupé tout lien avec l’entité fantoche, la Bolivie le 20 janvier 2020, alors même que c’était un allié de poids d’Alger en Amérique latine depuis plus de trente ans.

En marge de l’ouverture du consulat des Comores à Laâyoune, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, promettait même, pour le futur, «une intense activité diplomatique» dans la ville saharienne, ce qui devait notamment se traduire, ces 27 et 28 février 2020, par son accueil du troisième Forum Maroc-Pacifique. Mais pour une question de «nif» sans doute, comme on appelle de l’autre rive de l’oued Kiss la fierté, l’Algérie ne semble, hélas, pas vouloir entendre raison.

Conscient de cette dimension égotique du rapport des gradés algériens au Maroc, son nouveau président, Abdelmadjid Tebboune, n’a ainsi pas manqué, depuis son investiture le 19 décembre 2019 et même bien avant pendant sa campagne, de s’attaquer au Royaume et son intégrité territoriale, et outre le rappel de M. Bouguetaia, il vient également de s’illustrer le 10 février 2019, à la tribune de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, par un discours qualifiant l’affaire du Sahara de «seule question de décolonisation en suspens en Afrique». On aura connu plus drôle...


3 commentaires

  • Nasser

    28 Février 2020

    Oui, très drôle. Il faut croire que l'ONU a travers sa quatrième commission, celle dédiée aux questions de décolonisation, ait changé de vocation. Elle serait devenue un music hall, où les meilleures blagues serait débitées par des artistes reconnus. Parceque le territoire du Sahara occidental est inscrit au sein de cette commission. l'Algérie ne fait que le rappeler et c'est ce qui vous fait rire.......jaune.

  • saad

    26 Mars 2020

    pour Mr nasser C'EST vrais que l’Algérie ne fait que rappeler au monde entier que c'est précisément ces militaires qui ont crée ,abrité ,financé ,armé entraîné,cette bande de malfrats ,POUR UNE SEULE ET UNIQUE RAISON ; détruire le Maroc et les marocains . merci de nous rappeler que vous avez fait appel au égyptiens au cubains .............et a tous corrompus du monde pour nous faire la guerre . merci de nous rappeler nos martyres ( civiles et militaires ) enfin de compte on est chez nous dieu merci .

  • saad

    26 Mars 2020

    merci de nous rappeler - que vous avait fait appel a kadafi .Egypte.cuba ......... pour nous détruire ; dieu merci on a tenu bon - merci de nous rappeler que notre cause est juste -merci de nous rappeler nos martyres , -merci de nous rappeler d'aimer notre patrie -merci de nous mettre en garde contre une haine qui ne s'est pas apaisée .

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