La situation des droits et libertés au Maroc passée au crible

RAPPORT DÉTAILLÉ DE L’ANNÉE 2019 DU MMDH

C’est un rapport annuel détaillé et exhaustif sur la situation des droits humains et des libertés au Maroc que celui qu’a livré le Médiateur pour la démocratie et les droits de l’Homme (MDDH), qui soufflera bientôt sa 15ème bougie.

«La publication de ce premier rapport annuel ne signifie pas que le MDDH a renoncé à la tradition de réaliser des rapports thématiques de suivi et d’évaluation des politiques publiques dans différents secteurs (enseignement, santé, jeunesse,…); mais elle vient illustrer la vision du MDDH et ses choix méthodologiques dans l’évaluation de la situation des droits humains dans notre pays», explique Abdelghafour Dahchour, Secrétaire Général du MMDH. Concernant le droit à la vie, le rapport rappelle le maintien de la peine capitale dans la législation nationale et présente des cas de violation du droit à la vie en lien avec les libertés de réunion et de manifestation pacifiques. Concernant la liberté d’association, le Médiateur a relevé l’intérêt du Parlement pour la liberté associative et le niveau de préoccupation de l’institution législative. Concernant la liberté de rassemblement et de réunion pacifique, le MMDH souligne l’intervention des forces de l’ordre pendant les dix premiers mois de l’année 2019 qui ignore des évolutions inquiétantes et des paradoxes relevés.

Concernant le droit d’opinion et d’expression, la pratique démontre les limites dans la protection de liberté d’opinion et d’expression, comme le démontrent des cas de procès de journalistes et des activistes du Rif. Concernant la liberté de conscience, la liberté d’exercice des pratiques religieuses par les autres minorités (Marocains de confession et de religion autre que l’Islam ou le rite malékite ou des Marocains sans religion) reste limitée.

Engagement sans effectivité
Pour ce qui est des droits humains des femmes et l’égalité entre les sexes, le Méditateur relève que l’égalité entre les sexes ainsi que les différents droits humains des femmes demeurent un engagement gouvernemental sans effectivité. Concernant les droits des prisonniers et la situation des prisons, le MMDH soulève la question de la surpopulation carcérale. Concernant les droits des personnes en situation de handicap, six ans après la publication de la loi-cadre dans le Bulletin officiel, le gouvernement tarde toujours à élaborer et publier les textes réglementaires. Côté droits de migrants et des réfugiés, l’application des engagements volontaires du Maroc est confrontée à plusieurs défis qui impactent négativement la situation des migrants et des réfugiés. Autant de points détaillés et suivis par des recommandations au gouvernement.

Il faut dire que la publication du document, élaboré par Abdelghafour Dahchour, Khadija Marouazi, Abderrazzak El Hannouchi, Jihad Balghzal, Youssef Ghouirgate, Ismail Azouagh, Loubna El Fahssi, intervient dans une conjoncture particulière marquée par l’état d’urgence sanitaire décrété depuis le 20 mars 2020. La question que tous les acteurs de la société civile se posent est comment réconcilier les mesures de l’état d’urgence et le respect des droits humains.


1 commentaire

  • Belhajilali

    14 Juin 2020

    Sur aucun pays du monde,la lumière des "libertés" n'a jamais jailli d'un seul coup et encore toujours avec des spécificités nationales à prendre en compte.Il y a partout des lignes rouges à respecter selon les intérêts des peuples.Qu'on nous fiche,donc, un peu la paix en laissant du temps au temps.Nous avons des constantes auxquelles la liberté tout court ne peut être que nuisible.Si c'est avec des lunettes étrangères et sous l'influence de l'Occident pervers,qu'on analyse la "situation nationale des (quoi déjà?) ah oui,des droits de l'Homme,mieux vaut,pour ces gens, se trouver une autre occupation que de nous pondre des rapports bidon avec le même "déjà vu et entendu."Ces gens manquent d'inspiration,qui voudraient brusquer les choses et surtout tout mélanger."Il n'est de liberté que de quelqu'un qui va quelque part" ,or nous donner en exemple de limites imposées aux libertés, des procès intentés aux journalistes n'ayant pas encore saisi qu'informer et verser dans la subversion sont deux activités qui s'excluent par la force des lois en vigueur,c'est aller,du moins , nulle part sinon droit dans le mur et saboter tous les efforts entrepris dés la fin du règne de feu Hassan II et renforcés par son digne fils en vue de remporter la bataille du développement.Nous en sommes à une importante proportion d'analphabétisme et "lâcher d'un coup la bride" revient à mettre la charrue devant les bœufs.Il faut finir de faire le lit de la démocratie(puisque la démocratie est le but à atteindre) avant de se lancer dans des batailles perdues d'avance.Méternich nous a enseigné la politique des petits pas(pour lui ,une démarche peut-être machiavélique) ,mais pour nous ,surtout synonyme de patience,de prudence.Autre chose:Comme ni les juifs ni les chrétiens n'ont de motif à se plaindre ,chez-nous,si le dit rapport ,en parlant du culte,insinue -et c'est là mon impression-qu'il faut laisser la porte ouverte aux virus du chiisme et fermer les yeux devant le Wahabisme criminel,il nous fournit la preuve qu'il n'a rien de marocain et que ses auteurs sont loin d'être crédibles ;ils suscitent même la méfiance.

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