La droite espagnole maintiendra-t-elle la position de Sánchez ?


Le Maroc et le dossier du Sahara occupent une place de choix dans la campagne électorale des principaux partis politiques, notamment le PSOE de Pedro Sánchez et le Parti populaire de Alberto Núñez-Feijóo, à quelques jours du scrutin du 23 juillet.

Les élections législatives anticipées, annoncées par Pedro Sánchez, chef du gouvernement, et prévues le 23 juillet 2023, approchent à grands pas. A quelques jours de la fin de la campagne électorale, un face à face a opposé Pedro Sánchez et le chef de l’opposition de la droite et président du Parti populaire (PP), Alberto Núñez-Feijóo, lors d’un débat télévisé lundi 10 juillet 2023.

Les tensions ont été vives tout au long du débat, unique confrontation que les rivaux devraient avoir avant les élections législatives anticipées du 23 juillet. Le Maroc et le changement de position sur le dossier du Sahara ont accaparé les échanges entre les deux rivaux dans ce débat. Alberto Núñez Feijóo a reproché à Pedro Sánchez le changement de position «sans consulter les Espagnols». Feijóo a lancé une série de questions sur le tournant dans le dossier du Sahara. «Vous ne pouvez pas changer la position sur le Sahara sans consulter les Espagnols. Quelle politique étrangère avez-vous alors que vous ne rendez même pas compte de cette politique au Congrès des députés ?», lui a demandé le candidat populaire. De plus, il lui a reproché «de n’avoir rien dit sur son pacte avec le Maroc».


M. Sánchez, pour sa part, a insisté sur le fait que l’Espagne a la même position que les alliés européens : l’Allemagne, la France, l’Italie, les États-Unis. «Nous avons laissé derrière nous cette époque où l’Espagne parrainait des guerres illégales et injustes comme celles menées par le président Aznar, que vous évoquez à maintes reprises», a souligné le socialiste Sánchez. «L’Espagne est aujourd’hui un pays respecté qui défend la légalité internationale, les droits de l’homme dans le monde et toutes les nobles causes à l’ONU, comme l’Agenda 2030 que votre allié Vox veut rejeter», a-t-il martelé s’adressant à son rival.

Sorties médiatiques
Contrairement aux élections communales et municipales de mai dernier, qui ont chamboulé l’échiquier politique en Espagne en révélant le poids du Parti populaire, grand vainqueur de ce scrutin, la politique étrangère est fortement présente dans ce rendez-vous électoral qui annoncera la composition du futur gouvernement espagnol. Si c’est le parti socialiste (PSOE) de Pedro Sanchez qui en sortira gagnant, ce qui est vraisemblablement écarté au regard des résultats des élections communales, la position de l’Espagne ne changera pas vis-à-vis du Maroc et du plan d’autonomie marocain.

Ce qui a rétabli les relations maroco-espagnoles, c’est la reconnaissance de l’Espagne de Sanchez du plan d’autonomie comme «la base la plus sérieuse, réaliste et crédible» pour le règlement définitif de ce différend régional. Alberto Núñez-Feijóo, lui, se voit déjà futur chef du gouvernement. Lors de sa première sortie médiatique, il a déclaré que sa priorité est de rétablir les relations avec l’Algérie. Puis, il a modéré ses propos en indiquant que le Maroc reste un partenaire stratégique de l’Espagne. Sur la question du Sahara, le débat télévisé pré-électoral ne rassure pas vraiment sur l’attitude qu’il adoptera une fois au pouvoir. Quoiqu’il en soit, c’est l’Etat espagnol qui a signé un pacte avec le Maroc et non pas un chef de parti qui conduit le gouvernement.

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