Driss Sentissi : "Nous voulons des explications sur le gasoil russe"


Alors que les allégations de surfacturation entourant l'importation de gasoil russe continuent de faire la une des journaux au Maroc, Driss Sentissi, président du groupe parlementaire du parti du Mouvement populaire, nous explique dans cette interview pourquoi son groupe a proposé la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire.

Avec ceux du Parti du progrès et du socialisme (PPS) et du Parti de la justice et du développement (PJD), le groupe parlementaire du Mouvement populaire (MP) à la chambre des représentants a proposé le 7 avril 2023 de mettre en place une commission pour enquêter sur l’importation de gasoil russe au Maroc. Pouvez-vous nous en dire plus?
Je vous remercie d’abord d’avoir précisé que nous avons proposé et pas mis en place. Pour mettre en place, il aurait fallu que nous rassemblions au moins un tiers des députés, c’est-à-dire 132 et plus. Avec tous nos groupes réunis, nous n’en sommes pour l’heure qu’à 63. Pour répondre en tout cas à votre question, je vous dirais tout simplement que nous sommes dans notre rôle d’élus de la nation.

À l’instar du reste de nos concitoyens, et plus particulièrement ceux que chacun d’entre nous représente, nous avons suivi avec beaucoup d’attention les informations relatives à l’importation de gasoil russe par le Maroc et à la possible surfacturation qui en découlerait au détriment des consommateurs. Nous voulons, en gros, des explications; quoi de mieux que de se servir des outils dont nous avons à disposition, et dans le cas d’espèce la possibilité de mettre en place une commission d’enquête parlementaire?


Comme vous l’avez suggéré, vous avez besoin de deux fois plus de députés pour faire aboutir votre initiative. Êtes-vous confiant par rapport à cela?
Tout ce que je peux vous dire, pour ma part, c’est que la mise en place d’une commission d’enquête s’impose, à mes yeux. Est-ce que d’autres députés, en dehors de ceux de nos groupes parlementaires respectifs, l’entendent de la même oreille? Je l’espère. Je sais que le bureau politique de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) étudie la chose de près; celui-ci avait d’ailleurs été le premier parti à interpeller, depuis le parlement, le gouvernement pour lui poser la question sur l’importation de gasoil russe (le 24 février 2023 par le biais du député Abdelhak Taher, ndlr). Et j’espère aussi que la majorité soutiendra notre proposition de commission d’enquête; du fait du nombre automatiquement plus important de députés qui est le sien elle aura davantage voix au chapitre et ce serait, de mon point de vue, un signal positif envers les citoyens.

Pouvez-vous nous en dire plus à ce propos?
Vous n’êtes sans doute pas sans savoir que certaines parties accusent le chef du gouvernement, qui se trouve être lui-même un pétrolier par le biais de la société Afriquia, d’avoir profité de l’importation de gasoil russe. Si, au bout de notre travail d’enquête, on réalise qu’Afriquia n’a jamais eu recours à ce gasoil, comme l’a notamment assuré son directeur général à un journal électronique (Hespress, ndlr), c’est tout dans son intérêt. Donc moi je crois que son parti du Rassemblement national des indépendants (RNI) devrait être le premier à nous appuyer.

Pour vous dire aussi, j’ai également proposé au chef du gouvernement de mettre en place au niveau de la primature un comité de veille qui permettrait plus généralement de faire le suivi du prix du carburant dans les stations-services. Malheureusement, c’est resté lettre morte. Au final, je vous dirais que tout cela n’arrange pas avant tout les affaires du gouvernement

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