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Driouech et El Homrani, Catalans et Marocains

ELECTIONS RÉGIONALES CATALANES

Pour la première fois de son histoire, le parlement catalan va compter deux ressortissants marocains en son sein.

Najat Driouech Ben Moussa ne sera plus seule à représenter le Maroc au sein du parlement de Catalogne. La native d’Assilah -en 1981-, qui avait émigré avec ses parents dans la communauté autonome du nord-est de l’Espagne au tournant des années 1990 et plus précisément dans la commune d’El Masnou, trouvera désormais à ses côtés son acolyte du parti de la Gauche républicaine catalane (ERC), Chakir El Homrani, originaire, lui, de Tétouan mais ayant vu le jour à Barcelone, en 1979.

Les concernés ont été élus, ce 14 février 2021, aux élections régionales catalanes, les deux pour le compte de la province de Barcelone. M. El Homrani avait en fait déjà siégé plus de deux ans durant, à partir de fin septembre 2015, au sein de la principale institution législative de Catalogne, avant d’être défait au scrutin du 21 décembre 2017. Et c’est ce même scrutin qui avait vu Mme Driouech se faire désigner comme députée.

Accusation de machisme
Des deux, M. El Homrani est sans doute le plus connu en Espagne, puisqu’il occupe depuis le 2 juin 2018 le poste de ministre du Travail, des Affaires sociales et de la Famille dans le gouvernement catalan de Quim Torra. Il a rejoint l’ERC, qui représente le principal parti séparatiste catalan, en 2004, après avoir notamment milité au sein du syndicat de l’Union générale des travailleurs (UGT), dont il fut un temps porte-parole de la section jeunesse régionale, Avalot.

Père d’une fille et d’un garçon, il est, à la base, licencié en sociologie de l’Université autonome de Barcelone. “La sociologie vous permet de savoir avec quelles lunettes vous regardez le monde,” expliquait, fin octobre 2018, M. El Homrani dans un article que lui avait consacré le quotidien La Vanguardia et où l’on avait notamment appris qu’il avait coutume, enfant, de revenir chaque année pour un mois au Maroc pendant les vacances d’été et qu’il a grandi en parlant darija avec sa famille -il n’a, au passage, obtenu la nationalité espagnole qu’à l’âge de 18 ans.

Quant à Mme Driouech, elle revendiquait ouvertement début janvier 2018, dans une interview au média électronique catalan VilaWeb, le fait qu’elle soit née au Maroc, de même que son identité musulmane puisqu’il faut souligner qu’elle est voilée et que ce fait lui vaut souvent les inimitiés de la part de l’extrême droite espagnole représentée principalement par le parti Vox -le président de la formation, Santiago Abascal, l’avait nommément prise à partie, en décembre 2018 sur le réseau social Twitter, dans une publication rejetant l’accusation de machisme que la concernée avait portée aux siens sur les Musulmans.

Mme Driouech a, à l’instar de M. El Homrani, également fréquenté les bancs universitaires, étant licenciée en études arabes et travail social, et a en fait elle-même enseigné l’arabe à l’Université de Barcelone. Avant Mme Driouech et M. El Homrani, le premier député catalan d’origine marocaine avait été le Tangerois Mohamed Chaïb, qui fut même membre, de juin 2018 à mars 2019, du congrès des députés, la chambre basse du parlement national espagnol.