Le drame de Mélilia, objet d’un matraquage orchestré par des médias européens

L’entente maroco-espagnole dans le viseur


C’est la deuxième campagne médiatique en moins d’un mois autour du drame de Mélilia. Certains médias européens s’acharnent pour perturber la lune de miel maroco-espagnole. La position de Madrid vis-à-vis du plan marocain d’autonomie pour le Sahara gêne les autres capitales européennes.

Le dessein se précise. Les acteurs révèlent leur vrai visage. La cible, elle, est, désormais, connue. Le Maroc et l’Espagne écrivent ensemble une nouvelle page de leur histoire commune, empreinte du sceau de la transparence et du respect mutuel des intérêts stratégiques et géopolitiques. Cette entente irrite nombre d’États et de gouvernements européens, qui utilisent leurs «instruments» médiatiques pour étouffer dans l’œuf une relation saine et équilibrée qu’aucun autre pays européen n’a jamais bâtie avec un pays arabo-africain, de surcroît son ancienne colonie.

Mardi 29 novembre 2022, un montage vidéo, présenté comme «un précieux travail d’investigation» a été publié, cinq mois après les faits, par plusieurs journaux (El País en Espagne, Enass au Maroc, le Spiegel en Allemagne, et Le Monde en France) et l’association de journalistes néerlandaise Lighthouse Reports. Ils ont examiné et analysé 140 vidéos, 40 témoignages et reconstitué en 3D le déroulé des évènements qui se sont déroulés à Mélilia le 24 juin 2022 ayant fait le triste bilan de 23 morts. Leur «première confirmation»: «la police marocaine a bien fait un usage disproportionné de la force dans sa gestion de l’ordre». Leur «deuxième confirmation»: «il y a bien eu un mort côté espagnol (Guardia Civil)». Leur «troisième confirmation», «il y a bel et bien eu participation (des autorités espagnoles) et même mise en danger des migrants en les rendant aux autorités marocaines qui les ont roués de coups par la suite».

Analysons sereinement et professionnellement ces «révélations». Les images auxquelles ce consortium de médias a eu recours ne sont pas nouvelles ou inédites et n’ont jamais été camouflées. Les autorités marocaines en ont même diffusé une grande partie. La vidéo, qui sert de socle à cette enquête «hors pair», a joué plus sur la technique que sur le recoupement des informations. Une entrée en scène qui montre une armada de migrants armés jusqu’aux dents, menant une offensive violente et jusqu’au-boutiste. Comment voulez-vous qu’un élément des forces de l’ordre s’y prenne? Ne doit-il pas se défendre? Par quel moyen? Le rassemblement d’autant de migrants armés de machettes, de barres de fer, de chaînes métalliques, montre qu’ils n’ont pas agi spontanément. Au contraire, ils agissaient selon une tactique bien étudiée. Ils se sont donné rendez-vous à la même heure et au même endroit pour donner l’assaut.

Le clou d’une manœuvre stratégique réside dans le timing. Cette campagne médiatique a été précédée il y a quelques jours seulement d’une autre menée par la BBC, El Mundo et El País. Peine perdue, elle n’a pas atteint son objectif. Il fallait frapper encore une fois, en renforçant les rangs par d’autres médias, comme Enass, qui a tiré son parti de cette enquête en gagnant un peu de visibilité. Mais comment un nouveau-né du web marocain, à la fibre davantage militante que professionnelle, a-t-il pu jouer leur sale jeu? Son directeur de publication, Salaheddine Lemaïzi, est un acteur de la société civile. En associant un média local -le mieux qu’ils ont pu trouver- ils s’en sont servis comme faire-valoir pour gagner en crédibilité.

Ces médias ont mis en scène du spectaculaire pour toucher le plus large public possible et ont sciemment recours à la technique du matraquage médiatique, instrument de propagande connue et reconnue. Pourquoi alors deux campagnes médiatiques en moins d’un mois pour le même sujet? L’Espagne entre dans une période de pré-campagne électorale. Décrédibiliser le gouvernement espagnol en place, l’accabler de mensonges en ce moment précis, à quelques encablures des élections législatives, sèmera la confusion au sein de l’opinion publique espagnole, en particulier, et européenne, en général. Le message empoisonné à véhiculer est que le gouvernement de Pedro Sanchez est prêt à tout pour contenter son allié, le Maroc. Ils veulent insinuer que la lune de miel maroco-espagnole est basée sur la non-transparence et sur des concessions. Ce qui est visé, pour résumer, c’est la position de Madrid vis-à-vis du plan marocain d’autonomie pour le Sahara, qui gêne les autres capitales européennes.

Et puis, ces migrants africains voulaient franchir la frontière espagnole. Pour leur grande majorité, le Maroc est un pays de transit. L’Eldorado, pour eux, c’est l’Europe. C’est leur destination. A ces médias donneurs de leçon et défenseurs des droits de l’Homme, demandez alors à vos gouvernements de France, des Pays-Bas, d’Allemagne… d’ouvrir leurs frontières aux malheureux migrants africains. Demandez-leur qu’ils les accueillent dans les mêmes conditions réservées aux migrants ukrainiens, avec des reportages télévisés à longueur de journée, montrant le côté humain de vos gouvernants. A ces mêmes médias, qui s’érigent en porte-étendard des droits de l’Homme, pourquoi ne demandez-vous pas que Mélilia, puisqu’on en parle, et dans la foulée Sebta, soient restituées au Maroc? Ainsi, le drame de Mélilia sera une affaire entièrement marocaine.

Il est vrai que les temps sont durs pour la presse. Mais aller jusqu’à se prosterner pour servir des agendas politiques...

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