DR Hamza Ouzaher : "La chirurgie robotique permet des opérations plus précises et réduit les risques pour le patient"

Expert en chirurgie robotique et gagnant du Prix de la meilleure innovation mondiale 2023 dans le domaine de la chirurgie mini-invasive» Dr. Hamza Ouzaher, médecin gynécologue, nous dit plus sur cette spécialité révolutionnaire qui redéfinit les frontières de la médecine moderne.


Pourriez-vous nous expliquer en termes simples ce qu’est la chirurgie robotique ?
La chirurgie robotique est une révolution dans le monde médical. Imaginez un chirurgien manipulant de minuscules instruments chirurgicaux à travers de petites incisions, tout cela en étant assis à une console dans la même salle d’opération. Le chirurgien dirige un robot sophistiqué avec des bras mécaniques qui reproduisent fidèlement chaque mouvement de ses mains. Ce robot est équipé d’une caméra 3D qui offre une vision extrêmement claire et détaillée de l’intérieur du corps du patient. Cette technologie avancée permet des opérations plus précises, moins invasives, et réduit les risques pour le patient. En plus, elle facilite la tâche du chirurgien et accélère la récupération du patient après l’opération.

Votre innovation primée en Espagne semble fascinante. Pouvez-vous nous en dire plus à son sujet et sur son impact au Maroc ?
Mon innovation, qui a remporté le premier prix en Espagne, est un simulateur chirurgical. Ce simulateur offre une formation pratique sans risque pour les patients en recréant des opérations complexes. Il s’agit d’un outil crucial pour l’éducation des chirurgiens marocains, qui va leur permettre de s’exercer sur des modèles artificiels avant de traiter de vrais patients. Cela représente un pas en avant significatif pour la sécurité des patients et la qualité de la formation chirurgicale au Maroc. Avec ce simulateur, les chirurgiens peuvent pratiquer des procédures comme l’enlèvement de kystes ou de fibromes, ce qui va les aider à se préparer de façon efficace à des opérations réelles dans un environnement contrôlé et sûr. Il est à noter toutefois que l’utilisation du robot nécessite une formation de pointe de l’ensemble des équipes chirurgicales qu’il s’agisse des chirurgiens, des infirmières de bloc, des anesthésistes ou encore des aides-soignants. Moi par exemple j’ai eu mon diplôme de chirurgie robotique en 2010 à Nancy en France « Premier chirurgien Maghrébin » et une Master Class en 2012 à Miami aux États-Unis.

Quels défis avez-vous rencontrés pour développer cette technologie au Maroc, et comment les avez-vous surmontés ?
Le chemin pour développer ces simulateurs a été long et difficile, d’autant plus que j’ai travaillé sans soutien extérieur. Mais, grâce à une persévérance inébranlable et un engagement continu, j’ai réussi à surmonter ces obstacles. Ces simulateurs, validés par des experts internationaux, sont une fierté pour le Maroc et témoignent de notre capacité à innover et à exceller dans le domaine médical et d’autre domaines, et cela grâce notamment au soutien et à la vision de SM le Roi Mohammed VI. Ces stimulateurs pourraient devenir une référence dans les écoles de chirurgie, non seulement au Maroc mais aussi à l’international.

Comment envisagez-vous l’avenir de la chirurgie robotique et de vos inventions ?
La simulation chirurgicale est une tendance montante, particulièrement aux États-Unis, où elle est déjà intégrée dans la formation médicale. Au Maroc, nous commençons à voir l’émergence de ces technologies. Bien que la chirurgie robotique soit onéreuse, son potentiel est immense. Mon projet actuel concerne le développement d’un simulateur en chirurgie coelioscopique qui intègre l’intelligence artificielle. Prévu pour 2024, ce simulateur pourrait révolutionner la façon dont les chirurgiens se forment, non seulement au Maroc mais également dans le reste du monde

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