Dounia Boutazout. Une artiste qui bouscule tous les codes

À 41 ans, Dounia Boutazout plane déjà au sommet de la hiérarchie artistique au Maroc. Sa simple présence dans une série ou un sitcom est une garantie de réussite. Portrait d’une actrice débordante de talent qui a su s’imposer sur le petit écran grâce à son style très particulier.

Son accent campagnard, ses rôles de puissante matriarche, ou encore sa capacité à basculer facilement du dramatique au comique avec excellence. Depuis une dizaine d’années maintenant, Dounia Boutazout est devenue une véritable valeur sûre du paysage audiovisuel au Maroc. Native de Casablanca le 13 juin 1981, la jeune actrice ne quitte plus le petit écran, notamment dans le mois de Ramadan où la production est à son sommet. Sa simple présence dans le casting d’une série ou d’un sitcom est synonyme de réussite, aussi bien auprès des critiques qu’au niveau de l’audimat.

Une évolution fascinante
Aussitôt le diplôme de l’Institut supérieur d’art dramatique (ISADAC) de Rabat dans la poche, Dounia Boutazout entame, en 2006, sa carrière dans le théâtre dans “Rouge et Violet” avant de rejoindre la troupe Tansift deux ans plus tard. Mais c’est grâce à la télévision qu’elle parviendra vite à se faire remarquer et à construire son image de star. En 2005 déjà, elle fait ses débuts dans l’émission satirique “Chanily TV” sur la chaine Al Aoula, aux côtés d’un poids lourd du petit écran: Hassan El Fed. Un nom qui aura probablement le plus grand impact sur l’évolution fascinante du parcours de Dounia Boutazout.

Car c’est avec le même Hassan El Fed que la carrière de Dounia Boutazout explose, avec l’iconique sitcom “Kabour et Chaabia”, diffusée pour la première fois durant le mois de ramadan 2013 sur la chaine 2M. Grâce à son humour intelligent, ses dialogues finement rédigés, et surtout l’impressionnante alchimie entre ses deux protagonistes, un vieux couple vivant dans la campagne interprétés par El Fed et Boutazout, la série enregistre un succès historique, auprès de toutes les catégories d’âge, au point de devenir un pilier de la nouvelle culture populaire marocaine, aidée par le boost de notoriété que lui ont procuré les réseaux sociaux. Difficile de naviguer sur la Toile sans tomber sur un extrait de cette série emblématique.

Dounia Boutazout sera même décorée quelques semaines plus tard, en août 2013, par le roi Mohammed VI, en marge des célébrations de la fête de la jeunesse. “C’est le début de ma carrière, et j’espère que je serai à la hauteur de cette consécration qui m’honore. Je promets de nouvelles choses au public marocain dans l’avenir inchallah”, déclare-t-elle alors, souriante et débordante de fierté, au micro de la deuxième chaîne. Une promesse qu’elle parviendra à tenir avec brio durant les presque dix ans qui suivront. Car depuis la sortie “L’Couple” et sa décoration par le roi, rien n’arrête l’ascension fulgurante de Dounia Boutazout. Son aisance devant la caméra, sa polyvalence lui permettant de changer facilement de registres, ou encore ses choix de rôles souvent représentatifs des classes populaires lui garantissant une forte proximité des spectateurs.

Une carrière très animée
Tous des éléments qui ont permis à la jeune actrice de devenir, depuis quelques années maintenant, la plus grande figure féminine de la télévision au Maroc, et de loin. Ainsi, elle retrouve Hassan El Fed en 2014 pour une deuxième saison de “L’Couple” qui connaît un succès aussi retentissant que la première édition, puis multiplie les rôles majeurs dans d’autres sitcoms et séries ramadaniennes à très grand succès, comme, entre autres, “Kenza f Douar” en 2014, “Nayda f Douar” en 2015, “Bnat al assass” en 2021, ou encore “L’mktoub” en 2022. C’est cette dernière production qui sera à l’origine de l’une des plus grandes crises de la carrière très animée de Dounia Boutazout.

Submergée par les critiques autour de son rôle de chikha, chanteuse et danseuse de musique populaire, allant même au point de porter atteinte à sa réputation et sa dignité, la comédienne n’a pas pu dissimuler sa déception. “Vos commentaires étaient sévères”, déploret- elle dans une courte vidéo qu’elle a enregistrée suite à la polémique enclenchée par le prédicateur Yassine El Amri, qui a accusé la série et la chaîne 2M de faire la promotion de la dépravation à travers le modèle de chikha. “La série cherche à inciter les gens à ne pas juger les autres sur la base de leur profession, car il y a des gens qui ont fait le choix personnel d’exercer des métiers qui ne sont pas tolérés par la société (...) Dans nos esprits, nous avons plusieurs préjugés infondés sur les chikhas”, poursuit- elle dans sa réaction.

Plusieurs médias ont même rapporté que l’actrice a été obligée de quitter le Maroc pour le Portugal en compagnie de son mari, qui dispose de la nationalité de ce pays, pour y passer le reste du mois de Ramadan loin des tensions provoquées autour de “L’mktoub”.

Une période difficile que l’actrice saura certainement surmonter, elle qui a été déjà confrontée à d’autres crises dans le passé qui ont failli ternir son image d’actrice populaire et de femme décontractée et décomplexée qui n’hésite pas à partager ses photos en compagnie de son mari sur les réseaux sociaux. Une actrice populaire Les Marocains se souviennent encore du tollé causé par la rixe qui a eu lieu entre Dounia Boutazout et une citoyenne dans un arrondissement de Casablanca en 2016.

Alitée, le nez et une partie du visage couverts de bandages, l’actrice avait accusé sa rivale de l’avoir agressée. Cette dernière écopera alors d’un mois de prison avec sursis, mais une partie du public se positionne contre Dounia, en estimant qu’elle était responsable du déclenchement de l’altercation. Six ans plus tard, voilà que la numéro 1 du petit écran se retrouve au coeur d’une polémique encore plus grande.

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