Dounia en disgrâce

Dounia batma rattrapée par l'affaire "Hamza mon BB"

Alors que l’étau se referme de plus en plus sur Dounia Batma, la chanteuse âgée de 32 ans continue désespérément de s’acharner pour éviter de purger sa peine de prison et clame son innocence quant aux actes de “Hamza mon BB”, compte sur Instagram et Snapchat qui calomnie et colporte des rumeurs sur d’autres stars marocaines.


Parlant d’elle-même à la troisième personne, la chanteuse portant, à l’époque, des lentilles bleues et arborant un «Hollywood smile», défiait ses détracteurs dans une courte interview publiée il y a quatre ans, précisément le 15 février 2019. “Ce que va dire Dounia Batma, c’est que le jour où elle voudra s’en prendre à quelqu’un, elle le fera à travers ses quelque 3 millions et 500.000 personnes qui la suivent”.

Et d’ajouter sur un ton ferme typique de la pure casablancaise qu’elle est: “Parce que je n’ai peur de personne pour me cacher derrière un faux compte”, martelait- elle avant d’ajouter une phrase qui va l’accabler et la poursuivre jusqu’à ce jour et où elle se réjouit des dégâts causés à diverses personnalités par “Hamza mon BB”, compte sur Instagram et Snapchat qui calomnie et colporte des rumeurs sur d’autres stars marocaines. “Elles méritent parce qu’elles se font passer pour des saintes-nitouches, alors que lui (Hamza mon BB) inflige à chacun ce qu’il mérite, mais cela ne signifie pas que c’est moi qui suis derrière ce compte”, déclarait la célèbre chanteuse avec insouciance mais trahie par un lapsus qui parle “d’insulter”, avant de se ressaisir pour remplacer le verbe par une tirade d’explication.

Ampleur disproportionnée
Était-elle à l’époque sous l’emprise de l’ivresse de la célébrité, du pouvoir et de l’argent ou était-ce la conviction qu’elle n’avait, malgré tout, rien à se reprocher? Une chose est sûre, l’affaire Hamza mon BB a pris une ampleur disproportionnée dans l’opinion publique marocaine et a rattrapé Dounia Batma qui risque de voir sa carrière de célébrité s’écrouler, ou du moins être mise entre parenthèses. Le couperet est tombé le 28 décembre 2023. La Cour de cassation a refusé le recours présenté par la défense de la chanteuse âgée de 32 ans, et a donc confirmé le jugement prononcé en appel, qui condamne la chanteuse à une année de prison ferme et à une amende de 10.000 dirhams.

Aujourd’hui donc, plus de quatre ans après ladite vidéo, bien que l’étau se referme de plus en plus sur elle, la chanteuse âgée de 32 ans continue désespérément de s’acharner pour éviter de purger sa peine de prison. Sur son compte officiel Instagram “Dounia_ Batma” qui cumule désormais quelque 9,9 millions followers, elle a publié samedi 6 janvier 2024, une vidéo d’une heure où elle sollicite la grâce royale, elle crie au complot dénonçant aussi le harcèlement qu’elle subit depuis ses débuts, tout en continuant à clamer son innocence. La vidéo vue par quelque 180 mille personnes a été commentée par 19,5 mille followers entre ceux qui la blâment et ceux plus nombreux qui la soutiennent, prient pour qu’elle s’en sorte et que Dieu protège ses deux filles. Parce qu’à ce sujet, il faut le dire, Dounia Batma risque de perdre la garde de ses enfants si elle passe par la case prison.


Soukaina Jannah, (alias Glamour


Ses filles, Ghazal et Laila-Rose, risquent d’être rapatriées à Bahreïn, chez son ex-mari, Mohamed Al Turk. Un véritable drame aussi bien pour ses fans que pour ses rivaux, en premier lieu la chanteuse Saida Charaf. Pourtant, la vie semblait rose pour Dounia Batma: le succès, l’argent, et le pouvoir, elle qui a été honorée à deux reprises (en 2013 et 2015), notamment par le «Wissam Al Moukafaa Al Watania» de l’ordre de chevalier, une distinction qu’elle avait reçu une première fois en 2013 au côté, ironie du sort, de la même Saida Charaf qui aujourd’hui l’accuse. Dounia Batma était aussi adoubée par le public du monde arabe, en particulier dans les pays du Golfe, dès ses premières apparitions en 2012, notamment dans le programme Arab Idol, où elle a été finaliste. Grâce à cette émission, elle acquiert la renommée à Beyrouth, obligeant les sociétés de production à se presser au portillon même si elle n’avait pas remporté le titre Arab Idol.


Intelligence artistiques
Que de chemin parcouru avant d’en arriver- là. Celle qui a grandi dans le quartier Hay Mohammadi à Casablanca dans une famille d’artistes -son oncle, Larbi Batma, est leader du groupe mythique Nass El Ghiwane-, a commencé à chanter depuis qu’elle avait à peine 7 ans, “devant son miroir”, dit l’anecdote. Soutenue par une mère battante, elle réussit à faire face aux difficultés, par la force d’un fort caractère et une intelligence artistiques hors pair, mais surtout une voix capable d’interpréter un large éventail de la musique arabe aussi bien orientale que marocaine, aussi les médias mettant toujours en avant sa spontanéité, son humilité et son sens de l’humour. Mais outre l’intérêt que suscitait son art et sa personnalité, le parcours de Dounia Batma a évolué au même titre que son apparence, la chanteuse se métamorphosant à chaque nouvelle apparition. Très active sur les réseaux sociaux, Batma par ses nouveaux looks suscitait des réactions mitigées. Interviewée en 2017, la star marocaine déclarait avoir eu recours à plusieurs opérations de chirurgie esthétique. En quête d’un certain idéal de beauté, Dounia Batma avait précisé avoir agrandi sa mâchoire et être aussi une adepte au passage des injections de botox.


Ibtissam Batma


Accès frauduleux
Mariée depuis 2013 au producteur Mohamed Al Turk, le père de la chanteuse bahreïnie Hala Al Turk, (avant un tumultueux divorce en 2022) et érigée en modèle de réussite des artistes marocains à l’étranger, elle vivait entre le Maroc et le Bahreïn et se produisait partout dans le monde, avant d’être inculpée en première instance en décembre 2019 et interdite de quitter le Maroc. Le juge d’instruction du tribunal de première instance de Marrakech avait décidé de poursuivre la chanteuse ainsi que sa soeur, pour «participation à l’accès frauduleux au système de traitement informatique des données et diffusion d’images et de déclarations d’autrui sans son consentement, dans le but de nuire ou de diffamer ».

Elle a ainsi tout de même bénéficié de la liberté en attendant que la peine soit confirmée en appel, puis en cassation. Mais aujourd’hui, après que Ibtissam Batma, la soeur aînée de Dounia Batma, ait purgé une peine d’un an de prison, c’est autour de Dounia Batma de subir les mêmes affres, sauf miracle. Cette affaire a aussi conduit en prison Soukaina Jannah, (alias Glamour), influenceuse condamnée le 11 février 2020 à deux ans de prison, au même titre que Simo Dahir, journaliste, Oussama El Ajmi, hacker originaire d’Agadir, ainsi que le propriétaire d’une agence de location de voitures.

Et ce n’est pas tout, des stars, des hommes d’affaires, le patron d’une boîte de nuit, des associatifs, et même des avocats et des juges, ont fait les frais du compte qui révélait des détails sulfureux et intimes concernant la vie privée de ses cibles. Des réputations salies, des familles séparées, des carrières brisées… Plus grave encore, il y aurait même eu perte de vie.

Le décès trouble d’une chanteuse marocaine à Abou Dhabi en 2018, en l’occurrence Wiam Dahmani, aurait un lien avec cette affaire. La victime se serait suicidée, harcelée par le fameux compte Hamza mon BB. La morale ? Cette affaire n’est pas simple et il ne faut pas prendre au léger les dangers du digital.

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