LA DOUBLE PEINE DES MÉDIAS MAROCAINS

-62% D’INVESTISSEMENTS PUBLICITAIRES DANS LA PRESSE

En plus de ne plus être distribuée physiquement, la presse nationale doit aussi faire face à la chute des investissements publicitaires.

La presse nationale doit non seulement faire avec l’interdiction par le gouvernement de sa diffusion physique, mais aussi avec la chute des investissements publicitaires dans son secteur. En effet, une étude réalisée par l’agence de data et d’intelligence économique Imperium a révélé qu’entre le 16 mars et le 20 avril, période qui correspond plus ou moins au premier mois d’état d’urgence sanitaire au Maroc dû à la pandémie de Covid-19, ces investissements s’étaient contractés de 62%.

Ce qui place la presse au premier rang des médias les plus impactés par la situation actuelle -si l’on excepte bien évidemment le cinéma, du fait de la fermeture de toutes les salles du pays en raison de la pandémie-, loin devant la radio (-38%) et l’affichage (-32%). Paradoxal, tout bien considéré, si l’on prend en compte le fait que les médias nationaux n’avaient plus eu aussi bonne presse, si l’on peut dire, depuis belle lurette. Plus que jamais friands d’actualité, les Marocains les consomment goulûment, à la recherche des dernières informations relatives au Covid-19 aussi bien au Maroc qu’à l’étranger. Pour les annonceurs, c’eût été, en temps normal, une belle opportunité pour essayer de les atteindre. Mais ces derniers ont, à l’évidence, décidé d’être frileux.

Contexte difficile
“Beaucoup d’investissements publicitaires ont tout simplement été arrêtés,” commente le directeur général d’Imperium, Anouar Sabri, en réponse à notre question d’expliquer ces chiffres calamiteux relatifs à l’investissement publicitaire dans la presse. “C’est d’autant plus regrettable qu’on était jusqu’alors dans une bonne dynamique. Dans le cas particulier de la presse par exemple, il y a eu, au cours du premier trimestre de cette année, une hausse de 4% de l’investissement total par rapport à la même période de l’année dernière, et ce en dépit des arrêts. Ce qui veut dire que les chiffres auraient pu s’avérer autrement importants sans le Covid-19”.

Mais globalement, c’est l’investissement publicitaire dans son ensemble qui, au cours des dernières semaines, a été en berne au Maroc. Sa baisse est estimée par Imperium à -27%. Les télécoms, qui comptent généralement pour plus d’un tiers de l’investissement publicitaire dans le Royaume, ont enregistré des dépenses publicitaires 36% moins importantes par rapport à la même période en 2019.

Ce qui, au passage, a fait sortir du bois les entreprises et prestataires de conseil en communication, de marketing, des métiers créatifs et des services via un communiqué conjoint de l’Union des agences conseil en communication (UACC) et de l’association Les Impériales pour demander aux acteurs économiques, aux marques, aux annonceurs et aux associations professionnelles représentatives telles le Groupement des annonceurs du Maroc (GAM) et la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) d’être solidaires d’eux. “Dans le contexte difficile que nous traversons, (...) il est essentiel de faire preuve de responsabilité et de solidarité,” souligne, en exorde, ledit communiqué.

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