Le CRTS de Casablanca tire la sonnette d'alarme

Pénurie de sang à cause du covid

L’annulation des actions mobiles de collecte programmées dans les entreprises, associations et fondations après la détection de cas de Covid, est l’une des principales causes de cette pénurie.

L’explosion des contaminations liées au Covid-19 ces dernières semaines au Maroc a répercussions sur les stocks de poche de sang à Casablanca. C’est Amal Darid Ibnelfarouk, directrice du Centre régional de transfusion sanguine (CRTS) de Casablanca-Settat, qui en a fait l’alerte.

«À ce jour, plus de 80% des actions mobiles programmées ont été annulées, soit parce que des cas positifs à la Covid-19 ont été détectés dans les lieux de l’action, soit parce que les employés ont dû revenir au travail à distance», explique-t-elle.

D’après la responsable de ce centre, qui alimente plus de 610 établissements entre le public, le privé, les centres d’hémodialyse ainsi que le CHU de la région Casablanca- Settat, le CRTS peine actuellement à délivrer 600 poches de sang par jour pour satisfaire toutes les demandes, à cause justement de l’annulation de ces actions mobiles de collecte qui étaient programmées. La situation est d’autant plus complexe, sachant que ce genre d’opérations mobiles alimentent jusqu’à 40% des rentrées de sang, précise- t-elle.

Face à cette nouvelle donne, le Centre a mis en place des alternatives pour limiter les dégâts, notamment l’implication des influenceurs marocains qui comptabilisent plus de 2 millions d’abonnés sur les réseaux sociaux.

Un besoin vital
«Chaque influenceur vient pour faire un don de sang et partage cette expérience avec ses suiveurs», détaillet- elle. Une collaboration qui a débuté depuis l’année dernière et qui avait été décisive puisqu’elle avait permis de sauver 48.000 vies en trois mois, selon Mme Ibnelfarouk. Les étudiants des différentes facultés ainsi que des supporters ultra du Raja et du Wydad sont également impliqués pour faire face à cette pénurie.

Le CRTS a aussi sollicité, auprès du ministère de l’Intérieur et des gouverneures, l’augmentation du nombre de centres de proximité pour inciter davantage les citoyens au don de sang. «Des mamans qui accouchent, des enfants qui font des séances d’hémodialyse ou encore des accidentés. Toutes ces personnes ont un besoin vital qui peut être assuré si chaque citoyen donne quelques gouttes de son sang», rappelle-t-elle.