Disparition de l'ancien président Français Valery Giscard d'Estaing, 94 ans

Un ami du Maroc, un copain de Hassan II

Valéry Giscard d’Estaing a toujours apporté son soutien à la marocanité des provinces sahariennes récupérées en 1975, que ce soit dans les instances onusiennes ou dans d’autres.

L’ancien Président français Valéry Giscard d’Estaing, est décédé mercredi 2 décembre 2020. Agé de 94 ans, il avait été élu en mai 1974 à la tête de l’Etat face à François Mitterrand, pour un mandat de sept ans.

Nul doute qu’il a été un acteur décisif pour le changement dans de nombreux domaines de la société française. Il a entrepris des réformes de société (droit de vote des jeunes ramené à 18 ans, légalisation de l’IVG, divorce par consentement…). Une politique axée sur la modernité qui s’est prolongée au plan institutionnel aussi. Il a également conduit de grands chantiers structurels (centrales nucléaires, autoroutes…).

Au plan international, il s’est distingué par la mise en place de ce que l’on a appelé le G5 réunissant les grandes puissances occidentales. Dans la région, ce qu’il faut retenir, c’est le souci de normaliser les rapports avec l’Algérie de Boumédiène. Ce sera le sens de son voyage officiel dans ce pays en avril 1975. Il sera suivi, quelques semaines plus tard, par sa visite officielle au Maroc, du 3 au 6 mai. L’accueil a été exceptionnel.

“Néologisme audacieux”
Il nouera alors avec feu Hassan II des rapports particuliers d’amitié. Le Souverain fera état à cette occasion de ces liens en faisant référence à la «copinité» entre les deux chefs d’État, un terme que le président français avait apprécié en relevant ce «néologisme audacieux». Quelque vingt ans après l’indépendance du Royaume, c’était là la première visite d’un président français alors que le Roi Hassan II avait été accueilli à Paris en 1963 –deux ans après son accession au trône– puis en 1996 et en juillet 1999.

Valéry Giscard d’Estaing tournait ainsi la page, un an après son élection, de la séquence et des tensions entre les deux pays liée à l’affaire Ben Barka. Là aussi, ce fut plus qu’une «normalisation», l’expression d’une ferme volonté de promouvoir entre les deux pays une coopération renforcée sur des bases étroites et confiantes.

Le Président français a toujours apporté son soutien à la marocanité des provinces sahariennes récupérées en 1975, que ce soit dans les instances onusiennes ou dans d’autres. Dans cette même lignée, il faut le créditer d’une solidarité opérationnelle en faveur de la Mauritanie alors que les séparatistes multipliaient les attaques contre le train de transport des minerais de fer de Zouérate–Nouadhibou. Les avions français Jaguar sont ainsi intervenus pour mettre fin à cette situation d’agression.

Le Maroc a apprécié cet engagement et a pu le voir se prolonger tout au long du mandat présidentiel de Valéry Giscard d’Estaing jusqu’à 1981. Un grand homme d’Etat. Une fidélité dans l’amitié à son honneur aussi.

Mu. S.