CAM20-1000x90

47 ans après la disparition de Houcine El Manouzi à tunis

La Tunisie reconnaît sa responsabilité

Pour l’instance tunisienne Vérité et Dignité, le dossier de Houcine El Manouzi, enlevé à Tunis en 1972, relève des cas de violations du droit à la vie et de disparition forcée. De ce fait, il nécessite une indemnisation de l’Etat tunisien pour les préjudices physiques et moraux.

C’est une première dans les annales de l’Etat tunisien. Le 31 décembre 2019, l’instance tunisienne Vérité et Dignité s’est prononcée sur le cas de l’enlèvement du militant marocain, Houcine El Manouzi. Ainsi, cette instance a publié le registre national des victimes des violations des droits de l’homme et des spoliations, qui comprend les noms de 30.000 victimes environ. Le nom de Houcine El Manouzi, qui avait été enlevé à Tunis en 1972, figure en effet sur cette liste. La famille du syndicaliste et militant politique avait précédemment soumis une demande à la commission vérité et dignité, lors de la visite de sa présidente, Sihem Ben Sedrine, au Maroc le 5 septembre 2014, pour élucider les circonstances de l’enlèvement de Houcine El Manouzi le 29 octobre 1972 de la capitale tunisienne, et pour déterminer les responsabilités des autorités tunisiennes dans l’organisation de l’opération d’enlèvement et de son transfert au Maroc.

Un acquis fondamental
Après le début de ses travaux, l’instance tunisienne a de nouveau auditionné la famille de Houcine et procédé à des investigations qui ont abouti à la publication récente d’un arrêté sur le cas de Houcine El Manouzi. Pour celle-ci, son dossier relève des cas de violations du droit à la vie, et de disparition forcée. De ce fait, il nécessite une indemnisation de l’Etat tunisien pour les préjudices physiques et moraux. La famille El Manouzi salue les membres de l’instance tunisienne Vérité et Dignité pour leur décision historique sur l’enlèvement de Houcine à Tunis. Elle la considère comme une avancée importante dans leur combat pour la vérité et l’équité. Un acquis fondamental qui renforce l’action des défunts parents de Houcine, Hadj Ali El Manouzi et Hajja Khadija Chaou. Pour eux, la quête de la vérité est une noble mission qui traduit un engagement pour l’avenir de la patrie et des générations futures. Au Maroc, on compare l’affaire Houcine El Manouzi à celle du célèbre opposant marocain, Mehdi Ben Barka, enlevé à Paris en 1965.

Houcine El Manouzi, qui était un militant syndicaliste, mécanicien des avions et membre de l’USFP, a été enlevé à l’aéroport de Tunis, alors qu’il s’apprêtait à regagner le Maroc. Cet enlèvement avait créé un tollé politique général pendant cette époque. Il survient quelques semaines après la tentative de coup d’Etat de l’avion Boeing perpétrée par le général Mohamed Oufkir contre Feu SM Hassan II.

Beaucoup d’informations ont circulé sur cet enlèvement, qui demeure encore un mystère puisque son corps n’a jamais été trouvé jusqu’à présent. En 1975, les autorités marocaines avaient émis un avis de recherche contre lui après sa tentative d’évasion de la prison secrète PF3 à Rabat. Avec la décision historique de l’Etat tunisien d’indemniser la famille El Manouzi, celle-ci semble actuellement remporter une bataille décisive dans son combat douloureux pour l’éclatement de la vérité.


Laisser un commentaire

Merci de cocher cette case