Disparition, à 96 ans, de l'ancien Premier ministre, Abderrahmane El Youssoufi
 


Un homme d'exception

L’ancien Premier ministre, Abderrahmane El Youssoufi, est décédé dans la matinée de ce vendredi 29 mai 2020, à Casablanca, à l'âge de 96 ans. Il était hospitalisé dans une clinique de la capitale économique depuis jeudi 21 mai pour des problèmes respiratoires. Membre du mouvement de la résistance puis de l’armée de libération, ce natif de Tanger en 1924, a rejoint dès sa prime jeunesse le parti de l’Istiqlal. Dirigeant de l’aile gauche du parti, il sera parmi les fondateurs en 1959 de l’UNFP aux côtés de Abdellah Ibrahim, Abderrahim Bouabid, Mehdi Ben Barka et Mahjoub Benseddik pour ne citer que ceux-ci.

Condamné à deux ans de prison par contumace en 1963, il quitte le Maroc en 1965 à la suite de la disparition de Ben Barka à Paris. Il restera en exil en France durant une quinzaine d’années. Entre temps, il sera condamné à la peine capitale en 1975 dans le cadre du dossier du mouvement armé mené par MM. Bennouna et Dahkoun dont l’une des actions a défrayé la chronique en 1973, dans les événements de Moulay Bouazza, une localité du Moyen Atlas.

Début des années 90, Abderrahmane Youssoufi rentre presque définitivement au Maroc. Il prend la direction de l’USFP en 1992 suite au décès de son Premier secrétaire de l’époque, Abderrahim Bouabid.

M. Youssoufi sera aux côtés de Mohamed Boucetta, Ali Yata et Abdellah Ibrahim dans la création de la Koutla démocratique une année plus tard. Il mènera à leur côté les négociations pour la première tentative d’un gouvernement d’alternance. Suite à l’échec de cette initiative et en guise de protestation contre le trafic des résultats des législatives, il quitte le Maroc pour quelques mois avant d’y retourner en 1996 et mener le parti à gagner les législatives de 1997, lui balisant le terrain pour la formation d’un gouvernement d’alternance dont il sera chargé.

En 2002, l’USFP remporte les législatives mais M. Youssoufi ne sera pas reconduit à la tête du gouvernement. Le parti sort alors son célèbre communiqué qui critique la nomination de Driss Jettou comme premier ministre et la considère contraire à l’approche démocratique. Cela n’a pas empêché que l’USP fasse partie de la majorité gouvernementale, ce qui amène alors M. Youssoufi à démissionner de son poste de Premier secrétaire du parti.

Même si, depuis, il n’a plus eu de rôle officiel au sein du parti ni dans la politique, M. Youssoufi restera gravé à jamais dans la mémoire de tous les Marocains comme étant un homme d’exception et un homme de valeurs.


2 commentaires

  • HAMID

    29 Mai 2020

    Que dieu et son âme.

  • Belhajilali

    29 Mai 2020

    Deux condamnations dont l'une ,à la peine capitale.Un palmarès pas très enviable.On dirait que le défunt n'était pas en bons termes avec les lois du pays...et pas seulement aux yeux de l'Histoire d'ailleurs. En 1959,Il avait contribué à la naissance d'un parti ,terreur des enfants de parents "trop attachés au parti de l'Istiqlal.Terreur car les dépêches funèbres commencèrent ,immédiatement, à se succéder et qu'un simple retard du chef de famille était vécu,au sein des familles, comme le prélude d'une veillée funèbre:"Dieu faites qu'il n'ait pas été intercepté dans son hôtel comme Mr tel...Ya sidi Rabbi." Demain ,devant Dieu, des centaines de voix d'enfants,d'orphelins,de veuves...réclameront justice contre ceux qui avaient,sous le gvnt Abdallah Ibrahim,transformé l'Euphorie populaire suite à l'indépendance en une nuit sans fin ,un couvre-feu angoissant,une traque infernale des anciens résistants ayant refusé de plier l'échine devant l'UNFP.Que d'innocents sortis voir qui secouait violemment leur porte au milieu de la nuit , n'ont jamais regagné le lit conjugal...Le plus révoltant est que ce gang ait pu tout mettre sur le dos du Palais .Ils avaient commencé ces assassinats ,en réalité, avant la scission.Les témoignages des ténors de la lutte contre le colonialisme(Dr Al Khatib,Ahardane) sont formels,qui rapportent que le PI était devenu,à certains moments, une source de soucis pour le Palais.Ces deux braves harakis avaient seulement oublié de préciser que c'était la faute des futurs dissidents ,auto-démasqués en 1959.Aujourd'hui,la propagande infernale digne du KGB, naguère alimentée par l'UN(FS)P continue à faire des ravages et l'on ressent la mort de ses cadres comme des pertes pour le pays.Si le crime doit être ainsi glorifié,il n'y aura aucune honte à mourir dans l'anonymat .

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