LES DISPARITÉS RÉGIONALES SE CREUSENT

SELON LE HAUT COMMISSARIAT AU PLAN, LES ÉCARTS ENTRE RÉGIONS POURSUIVENT LEUR AGGRAVATION

Les deux régions Casablanca-Settat et Tanger-Tétouan-Al Hoceima créent 60% de la croissance nationale. Les écarts entre régions en termes de PIB et de dépenses de consommation par habitant s’accentuent.

Le Haut-commissariat au Plan vient de publier les comptes régionaux de l’économie nationale au titre de l’année 2018. Pour rappel, le Maroc a réalisé en 2018 une croissance en volume de 3,1% pour un Produit Intérieur Brut (PIB) de 1.096,5 milliards de dirhams. En valeur, la croissance s’est élevée à 4,3%. Il ressort des comptes régionaux que deux régions ont généré plus de 60% de cette croissance: Casablanca-Settat, avec 34,9%; et Tanger-Tétouan-Al Hoceima, avec 25,2%. Les dix autres régions n’ont généré que 40% de la croissance économique.

Par ailleurs, en termes de création de valeur ajoutée, trois régions ont généré 58,7% du PIB en valeur: Casablanca-Settat, avec 32,3%; Rabat-Salé-Kénitra, avec 15,6%; et Tanger-Tétouan-Al Hoceima, avec 10,8%. Quant aux dépenses de consommation des ménages, les régions de Casablanca- Settat et de Rabat-Salé-Kénitra ont accaparé 39,8% des dépenses au niveau national, avec 25% et 14,8% respectivement.

Ces indicateurs reflètent la concentration de la dynamique économique et de la création de richesses sur un nombre très limité de régions. Et si cela peut s’expliquer en partie par la concentration démographique au niveau de ces régions, la répartition du PIB et des revenus par tête d’habitant montre que les disparités sont importantes et continuent à se creuser entre les habitants des différentes régions.

En effet, si le PIB par habitant moyen au niveau national s’élève à 31.473 dirhams, il s’élève à 49.654 dirhams à Casablanca- Settat, contre 16.747 dirhams à Drâa-Tafilalet. Les régions du Sud font toujours exception, avec 85.669 dirhams à Dakhla-Oued Eddahab et 49.275 dirhams à Laâyoune-Sakia El Hamra, en raison d’une population limitée et du développement des investissements et de l’activité économique dans ces régions.

En tous les cas, la dispersion du PIB par habitant est en augmentation, note le HCP. L’écart absolu moyen est passé de 12.680 dirhams en 2017 à 13.106 dirhams en 2018. Enfin, pour ce qui est de la dépense de consommation par habitant, qui s’élève en moyenne à 18.081 dirhams au niveau national, elle varie entre 22.028 dirhams à Casablanca-Settat et 12.633 à Drâa-Tafilalet, exception faite des régions du Sud.

La dispersion des dépenses de consommation finale des ménages par tête a enregistré, ainsi, une légère hausse. «L’écart absolu moyen est passé de 2.733 dirhams en 2017 à 2.856 dirhams en 2018», conclut le département que dirige Ahmed Lahlimi.


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